SCÈNE VI
VICTORIIVE, LE COMTE DE FONBREUIL , le MARQLis DE MONTFORT , LOUISET, DU- RIOT , LOUISE.
VICTORINE, saluant respectueusement le marquis.
Vous arrivez à propos, monsieur le marquis. {^Avec un peu de hauteur au peintre et à Duriot. ) Messieurs , je vous salue.
DURIOT, LOUISET.
Madame...
VICTORINE
INotre cher commandeur se meurt d'impatience.
LE MARQUIS
Je le reconnais là -, il est toujours pressé de se mettre à table. Mais un moment de grâce 5 madame s'est donné un ameublement nouveau.
LOUISET
El du meilleur goût. (Bas à Fictorine.) Faites donc remarquer mes tableaux.
3o TOUT CR QUI RELUIT
DURIOT.
Et du meilleur style. {Bas à ï^iclorine.) Pnrlcz donc de mes bronzes.
LE MARQUIS
J'aperçois des tableaux; permettez, je suis amateur.
DURIOT.
Ne dédaignez pas ces bronzes , monsieur le marquis.
LE MARQUIS, d'un ton sec et dédaigneux.
Je ne regarde jamais ces sortes de clioses-là -, Je n'aime que les arts.
DURIOT , se fâchant d'une manière comique.
Est-ce que les bronzes ne sont pas dans les arts ? {A part. ) Voilà un marquis qui a bien peu de goût,
LE COMTE, examinant les bronzes.
Ceux-ci me paraissent fort beaux.
DURIOT, à part.
Voilà un comte qui a de l'esprit.
LE MARQUIS, regardant les tableaux
Dessin correct.... bonne couleur . ombre bien ménagée... excellente composition.
N'EST PAS OR. 3i
LOUISET
Monsieur le marquis est connaisseur.
LE MARQUIS, avec fatuité.
Un peu.
LOUISET
Vous êtes un juge excellent.
LE MARQUIS
Je passe pour tel.
DURIOT.
Mais , monsieur le marquis , jetez donc un regard .sur ces bronzes ; monsieur le comte leur rend justice.
LE MARQUIS, à Duriot.
Regardez plutôt ces tableaux.
DURIOT, avec humeur.
Je n'aime point ces sortes de choses-là
LE COMTE, à Louiset.
Monsieur , que dites-vous de cette sculpture ?. . .
LOUISET
C'est de la sculpture de Santi-Belli.... Cela court les rues...
DURIOT.
Santi-Belli ! . . . quel insolent ! . . .
Sans indiscrétion , madame , peut-on vous demander ce que vous ont coûté ces quatre tableaux ?
LOUISET
Si madame les a payés dix mille francs , elle a fait un bon marché.
LEMARQUIS.
Ce n'est pas cher.
LOUISET, à part.
Je vendrai mes tableaux.
DURIOT, àpart.
C'est le double de ce que cela vaut.
LE COMTE
Et cette table , à combien revient-elle ?
DURIOT.
Si elle ne coûte pas plus de vingt mille francs , on n'a pas trompé madame.
LE COMTE
Je l'estimerais davantage.
DURIOT, àpart.
Je vendrai mes bronzes.
VICTOKINE.
Eh ! messieurs , de quoi nous occupons-nous ? Vous oubliez ce pauvre commandeur.
LE DOMESTIQUE
Ou a servi, madame, et monsieur le commandeur me charge de vous dire qu'il meurt de faim.
LE COMTE, LE MARQUIS, donnant le main à Victorine,
Madame la comtesse.
VICTORINE
Madame Louise, faites-moi l'amitié d'attendre un moment dans cette salle 5 quelqu'un doit venir encore , et vous l'introduirez.
(Us sortent. )