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SCÈNE X et dernière

Les mêmes , L'ABBÉ , Madame DE VILTROSE.

BOURGEVAL, rëveillanl Viltrose.

Vous lirez le cordon quand on frappe , est-ce que vous avez été portier , M. de Viltrose?

TOUS

Portier !...

DE L'HABITUDE. 3o3

LE COMTE, riant aux éclats.

Eh î oui , sans doute.

VILTROSE , se réveillant. Eh bien ! qu'est-ce , monsieur le ronite, qu'avezvous à lire ? Eli ! oui , j'ai été portier; mnis un portier honnête homme, et qui a fait sa fortune, vaut bien un noble qui a mangé la sienne.

L'ABBÉ, à part.

Pas mal.

MADAME DE BOURGEVAL.

Je ne m'étonne plus qu'on m'ait assuré que madame son épouse ait été comédienne.

BOURGEVAL.

En vérité, on voit des métamorphoses étonnantes aujourd'hui.

VILTROSE, en colère.

Qn'appelez-vous étonnantes , un ancien portier vaut bien un ci-devant cocher.

MADAME DE VILTROSE.

Et une comédienne vaut bien une danseuse.

LE COMTE

Puisque tout le monde lève le masque , allons , mon cher abbé , avouez -nous... que vous êtes... journaliste!...

3o4 LA FORCE DE L'HABITUDE.

TOUS

Un abbé journaliste !

LE COMTE

Mais il paraît qu'on va se quereller ici ^ je vous olï're une place dans ma voiture , cette scène sera pour vous un article pour le prochain feuilleton, nous en causerons... Allons , venez , mon cher abbé. (// Ventraîne. )

VILTROSE.

Si M. de Bourgeval veut m'en croire nous rirons les premiers de cette aventure ^ et , faisant de notre fortune un usage plus raisonnable , nous ne régalerons plus les nobles insolens ni les abbés journalistes.

BOURGEVAL. ^

Réconcilions-nous , mon cher voisin , et convenons c[u'il était bien ridicule à nous autres bourgeois de vouloir faire les nobles. Ces beaux messieurs , en s'asseyant à notre table , nous méorisent encore ; c'est en vain que nous voulons les imiter , ils nous reconnaissent toujours ; et le proverbe a bien raison de dire : L'habitude est une seconde nature.

F)> t)E I.A KORCK DE l'hABITL'DE.

ET

ou LES TROIS CARICATURES;

PERSONISAGES.

M. DE VALISANNE , habit de chasseur proven

çal , des souliers et un chapeau gris.

SOPHIE

VER MENT , prétendu de Sophie.

BENJAMIN POUPON, nicds provençal.

SOUPLET, solliciteur.

D'OMNES, amateur.

ADÈLE DE ROSSOLINE.

l Ces deux rôles sont MARIETTE DUBOCAGE. ( joués par Sophie.

Ces trois rôles sont joues par Verment.

NOTICE

SUR

LES TROIS CAKICATURi:S.

JjENJAMiN Poupon est habille comme les jeunes gens les plus ridicules de Paris. Son accent provençal doit être prononce.

M. d'Omnes en perruque , en habit ancien et ridicule, doit parler avec prétention,

Souplet , en habit noir , une perruque trèspoudrée , fait force révérences. Son ton est humble : il a toutes les manières qui caractérisent un solliciteur. Ces trois rôles , joués par le même personnage, peuvent être chargés, ils sont contrefaits.

Adèle de Rossoline et Mariette Dubocage doivent être jouées d'une manière toute différente. Dans le premier de ces personnages , Sophie cherche à imiter les femmes prétentieuses qiii visent au sentiment , et qui se croient sensibles parce qu'elles ont retenu quelques phrases des ouvrages romantiques ; et

3o8 NOTICE SUR LES TROIS , etc.

dans l'autre , le débit doit être rapide , les manières hardies : elle imite une de ces femmes qui ont marché à la suite des étatsmajors de nos armées , et qui , malgré leur nouvelle fortune , laissent apercevoir le ton de leur ancienne profession.

M. de Valisanne aura le ton franc et même un peu brusque des Provençaux.

ET

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