SCÈNE VIL
DOR3IEUIL.
On en fait tant de mauvais; je crains le ridicule d’en augmenter le nombre.
VICTORINE
Faites-les bons.
DORMEUII,.
Crois-tu que ce soit facile?
VICTORINE
Vous trouvez difficultés à tout.
DORMEUIL
C’est qu’en effet rien n’est plus difficile que de faire de bons couplets pour une fête. C’est un thème si usé! On peut compter d’avance sur un parallèle forcé entre la personne qu’on fête et son p atron , ou sur des louanges d’une fadeur insupportable.
La cir constance fait tout passer. La louange , quelle qu’elle soit, chatouille toujours l’oreille.
DORMEUIL
Je ne suis pas précisément de ton avis : je crois , moi , qu’il faut beaucoup de délicatesse dans l’esprit pour louer en face une personne modeste.
L’AUTEUR EN DÉFAUT
VICTORIHE.
Mais Yous prenez la chose trop au sérieux, mon oncle. Je coudrais l’un au bout de l’autre quelques fions fions , quelques lanladerirettes qui me tiendraient lieu de pensées. La gaité gagnerait de proche en proche, sans qu’on ' sache trop pourquoi, et mes couplets feraient merveilles.
DORMEUIL
Hé bien , fais - les toi - même , puisque tu ^ trouves que c’est si facile.
VICTORINE
Oh, mon oncle, je ne veux pas aller sur vos brisées.
DORMEUIL
En ce cas va-t-en pour que je puisse m’en occuper. ^
VICTORINE , voyant entrer Mm* Saint-Alban travestie.
Plaignez-vous encore : voici une jeune muse qui vient vous inspirer. Je vous laisse avec elle»