DORMEUIL, SAINT- ALB AN
travestie en vieille.
MADAME SATNT-ALBAN.
Ah! mon cher Monsieur, que je suis heureuse de vous trouver. Ne vous dérangez pas , je vous en prie. Votre concierge m’a dit que je pouvais monter. Il est d’une politesse bien rare aujourd’hui ; mais le proverbe ne ment pas : tel jnaitre ^ tel valet.
' DORMEUIL
Je désirerais savoir, Madame.....
MADAME SAINT-ALBAN
Vous saurez tout, mon cher Monsieur, vous saurez tout. Laissez -moi seulement parler.
DORMEUIL
Je vois que vous vous en acquitterez trèsbien.
MADAME SAINT- ALBAN , faisant des révérences.
Vous êtes bien bon. Vous me connaissez déjà; M""^ Ladéfroque, revendeuse à la toilette
2i8 L’AUTEUR EN DÉFAUT.
pour vous servir. (Nouvelles révérences.) Je vleUS pOUT
vous parler d’une jeune paysanne qui s’est présentée ici et qui se nomme Babet; c’est ma propre nièce : bonne fille, brave fille, un peu simple, mais que voulez-vous, mon cher Monsieur , çà sort de son village. Quand elle était toute jeune, on ne connaissait encore que les frères ignorantins ; elle n’en sait pas plus que l’enfant qui vient de naître. Mais , je veille sur elle, défiance est mère de sûreté. Je voudrais la voir dans une bonne maison où elle restât , parce que, voyez-vous, pierre qui roule namasse pas mousse , et ou la chèvre est attachée il faut quelle broute. Ses parens ne sont pas riches , mais ce sont d’honnétes gens , et entre nous, bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Elle aurait pu rester près d’eux; elle s’en est séparée pour les servir, c’est très-bien fait. Elle ne pouvait pas être partout : On ne peut pas sonner et aller à la procefion , être au four et au moulin.
' DORMEUIL
C’est juste.
MADAME SAINT-ALBAN
Mais, Monsieur , je voudrais vous faire une question.