SCÈNE V. ‘i'i
j’espère t rouver pour ma fille un mariage plus avantageux que..,.
LEFRANC ) interrompant vivement.
Alte-là ! mons Durmont. Vous m’avez donné votre parole, et vous ne l’avez pas oublié sans doute. Or, de deux choses l’iine : vous êtes un homme sans foi ou un homme d’honneur. Entre ces deux suppositions, je ne balancerai pas un moment. Il est impossible que Durmont , mon meilleur ami , le plus honnête homme que j’aie connu , manque à sa parole. C’est une fièvre d’ambition , c’est un délire. Je ne m’y arrêterai pas, parce qu’il y va de ton honneur et du bonheur de nos enfans.
DURMONT.
Mais, Monsieur....
LEFRANC
Mais, Monsieur^ je ne t’écoute pas. Je te le répète ^ tu as la fièvre. Parce que te voilà souschef ^ tu te crois déjà ministre!.... tu me fais pitié. Attends un peu ; les déceptions , les passedroits , te calmeront.
■ DURMONT.
Je crois m’être expliqué assez clairement^ et vous prétendez....
LE PETIT AMBITIEUX
LEFR4NC.
Je prétends vous forcer à être honnête homme. L’amitié est ia dernière illusion de la vie ; je ne puis y renoncer ; je ne veux pas perdre mon ami. Je prétends marier nos enfans, parce qu’ils se conviennent ; qu’ils s’aiment, et qu’ils seront heureux ensemble. Je prétends rester ici; jy dine, -et, en attendant, je me rends auprès de ces dames , sûr de trouver en elles un bon auxiliaire : voilà ce que je prétends faire.
(Il sort.)