SCÈNE V. 3i
xin état à Charles; et, avec ce qui me reste, je suis encore riche. • (
DURMONT.
Tu m’étonnes.
LEFRANC
J’ai tout autant d’argent qu’il m’en faut, et je n’en désire pas davantage. Crois - tu que parmi les riches , dont les équipages nous éclaboussent , il y en ait beaucoup qui en puissent dire autant ? ••
DURMONT.
Tu as toujours été philosophe , toi.
LEFRANC
Et je m’en fais honneur, quoique aujourd’hui ce titre soit en discrédit.
DURMONT.
Je suis fâché, mon cher 5 que tu quittes Paris: je reçois deux fois la semaine; tu aurais trouvé chez moi une réunion brillante.
LEFRANC
Ces réunions ne me tentent pas du tout ; j’y rencontrerais peut-être de ces parvenus impudens , de ces riches dédaigneux qui font lire dans leurs regards la situation de leur caisse. Je n’ai de plaisir qu’avec mes égaux.
LE PETIT AMBITIEUX
Point de véritable amitié sans égalité : je ne me trouve bien qu’au milieu de mes amis.
DÜRMONT.
Et que m’importe une amitié stérile ? Mes amis sont ceux qui peuvent m’aider de leur fortune ou de leur crédit : voilà mes amis , je n’en connais pas d’autres.
LEFRANC
Quel langage! Durmont, tu perds la tête : l’air de Paris t’a gâté. Il est tel de tes gens en place dont je ne voudrais pas accepter un service, j’en serais trop humilié. Le riche donne, l’ami partage.
DURMONT.
Au surplus, mon cher, j’ai des soirées à part pour mes subordonnés ; tu aurais pu y venir.
LEFRANC
Mon cher... mes subordonnés... sais-tu bien, Durmont , que tu prends-là des airs ministériels qui sont à mourir de rire ?
DURMONT.
Riez-en tant qu’il vous plaira , Monsieur ; mais, dans le poste où je dois promptement parvenir , et aidé de mes nouvelles liaisons ,