DUMONT, LESAGE
LESAGE
Bon jour, ma nièce. Hé bien ! où en sommesnous? Est-ce ce soir que tu nous lis tk comédie ?
MADAME DUMONT. -
N’en parlons plus, je vous prie, mon oncle, j’y ai renoncé.
Je n’en suis pas étonné. Tu t’étais imposé une tâche assez difficile. Au surplus , le malheur n’est pas grand : c’est partie remise.
MADAME DUMONT
Non , décidément, non.
LESAGE
Je te reconnais bien là. Tu ne sais prendre que des partis extrêmes : ton imagination exagère tout, et ce qui ne serait pour tout autre qu’une légère contrariété, devient pour toi un chagrin réel.
3ai LA MANIE D’ËTRE AUTEUR.
MADAME DUMONT
Vous ne sauriez croire , mon oncle , tout ce que j’ai souffert aujourd’hui.
LESAGE
Que t’est-il donc arrivé?
MADAME DUMONT
Rien de bien important , sans doute ; mais mille incidens m’ont conduite à des réflexions pénibles.
LESAGE
Allons, allons, ma bonne amie, calme-toi, et ouvre-moi ton cœur.
MADAME DUMONT
J’en ai besoin, mon oncle , car je ne suis pas heureuse.
Parce que t u ne sais pas Fétre. Ecoute -moi , je vais te prouver qu’il ne tient qu’à toi de le devenir : Tu as un mari honnête-homme ?
MADAME DUMONT
Digne de toute mon estime.
LESAGE
D’une douceur .