‹ Proverbes dramatiquesChapitre 176 sur 217 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

COLETTE

Et moi, j’ voudrais d’jà qu’ ça soit fini, pour n’en plus entendre parler.

( René veut lui prendre la main. )

Laisse-moi. '

RENÉ

N’ boude donc pas comme ça, Colette; est-ce que tu n’ m’aimes plus ? |

^ COLETTE

Non.

RENÉ

Tu fais semblant; mais j’ suis b’en sur que tu m’aimes toujours, car , pas p’u’ tard qu’hier encore , tu m’as donné une fière taloche.

COLETTE

Pourquoi m’ as-tu fait peur ?

RENÉ

Est-ce que c’est d’ ma faute ! c’est la mère Bahut qui t’ parlait de fantômes, de tètes de mort.

COLETTE

Oui; on dit que F père Basile revient.

RENÉ

Et que r’vient-i’ faire F brave homme ?

3i4 LES ARTISTES EN VOYAGE

LA MÈRE BAHUT

r r vient demander des prières.

REÎfÉ.

Bah ! c’est un conte ; qu’est- ce qui l’a vu ? '

Jacques F bedeau.

RENÉ

Il est plus avancé qu’ moi; car j’ n’ai jamais vu de r’venant , Dieu marci !

COLETTE

Moi, j’ n’ s’ rais pas fâchée d’en voir un.

LA MÈRE BAHUT

Veux-tu te taire, impie !

( On entend frapper j frayeur générale. )

Ah! sainte Vierge, ayez pitié de nous!.... C’est lui.

COLETTE, avec frayeur.

N’ dites donc pas ça, grand’ maman, (a René:) René.... mon p’tit René !

RENÉ

J’ suis mon p’tit René, à présent qu’ t’as peur.

COLETTE

Va voir qui est-ce qui est à la porte, j’ t’en prie.

Page 1