SCÈNE IL
COLETTE
Et moi, j’ voudrais d’jà qu’ ça soit fini, pour n’en plus entendre parler.
( René veut lui prendre la main. )
Laisse-moi. '
RENÉ
N’ boude donc pas comme ça, Colette; est-ce que tu n’ m’aimes plus ? |
^ COLETTE
Non.
RENÉ
Tu fais semblant; mais j’ suis b’en sur que tu m’aimes toujours, car , pas p’u’ tard qu’hier encore , tu m’as donné une fière taloche.
COLETTE
Pourquoi m’ as-tu fait peur ?
RENÉ
Est-ce que c’est d’ ma faute ! c’est la mère Bahut qui t’ parlait de fantômes, de tètes de mort.
COLETTE
Oui; on dit que F père Basile revient.
RENÉ
Et que r’vient-i’ faire F brave homme ?
3i4 LES ARTISTES EN VOYAGE
LA MÈRE BAHUT
r r vient demander des prières.
REÎfÉ.
Bah ! c’est un conte ; qu’est- ce qui l’a vu ? '
Jacques F bedeau.
RENÉ
Il est plus avancé qu’ moi; car j’ n’ai jamais vu de r’venant , Dieu marci !
COLETTE
Moi, j’ n’ s’ rais pas fâchée d’en voir un.
LA MÈRE BAHUT
Veux-tu te taire, impie !
( On entend frapper j frayeur générale. )
Ah! sainte Vierge, ayez pitié de nous!.... C’est lui.
COLETTE, avec frayeur.
N’ dites donc pas ça, grand’ maman, (a René:) René.... mon p’tit René !
RENÉ
J’ suis mon p’tit René, à présent qu’ t’as peur.
COLETTE
Va voir qui est-ce qui est à la porte, j’ t’en prie.