SCÈNE VI
THOMAS
C’est vrai pourtant. On dit qu’à présent on vole comme des oisiaux , qu’on plonge comme des poissons, et v’ià qu’on saute comme des guernouilles.
SAINT-ELME
Qui oserait prescrire des bornes à l’esprit humain ?
THOMAS
Vous auriez dû apporter avec vous vos béquilles am... ba... chiques.
SAÏNT-ELME.
Je ne pouvais pas en disposer. C’est une machine assez précieuse que l’on garde au dépôt de l’état-major général de l’armée, pour s’en servir dans les grandes occasions.
THOMAS
C’est dommage! vous seriez arrivé au pays comme un homme qui tombe du ciel. Et pis il vous reste p’t-étre encore une longue route à faire ?
SAMT-ELME
Une trentaine de lieues; mais je compte
passer quelques jours chez le camarade qui touche à sa destination. (AJustm.) A ton tour.
THOMAS
Ah! r camarade est de nos environs?
JUSTIÎf.
De Villefranche : si mes forces n’avaient pas. trahi mon courage, aujourd’hui même, j’aurais pressé mon père dans mes bras. Quel bonheur de le revoir après treize ans d’absence I (Avec une émotion feinte. ) Il y a trois ans que j’ai perdu la meilleure des mères,
( Il essuie ses yeux. )
SAIWT-ELME, à part.
Le coquin, comme il joue son rôle !
JusTm.
Je vais devenir le soutien , la consolation de mon père.
THOMAS
Brave garçon! si c’était lui....
JUSTIN
A peine arrivé, j’irai visiter ma respectable aïeule , une cousine fraîche comme la fleur du
printemps. Je reverrai aussi un oncle . que je
n’ai jamais vu.