SCENE VIII
taires, parce que, voyez-vous, Monsieur Thomas, il y a beaucoup de militaires qui sont ar-‘ tistes , comme il y a beaucoup d’artistes qui sont militaires ; en sorte qu’il a confondu les militaires avec les artistes, ou, si vous l’aimez mieux, les artistes avec les militaires.... Vous comprenez.
^ THOMAS
Pas trop; mais c’est égal. ( a Justin.) Je veux être le premier qui remonte un peu tes finances.
JUSTIN
Vous avez trop de bonté, mon oncle.
THOMAS
J’avais prêté une petite somme à un brave homme embarrassé et chargé de famille. Prêter ‘ pour obliger des gens malheureux, c’est sou^ vent prêter à n’ pas rendre, et j’ m’étais arrangé pour ça; mais il a fait d’ bonnes affaires, et hier i’ m’a rendu c’ que j’ lui avais donné. C’est d’ l’argent trouvé ; t’ en profiteras.
( Il tire de sa poche une petite bourse de ciur. )
JUSTIN
Mon oncle, permettez -moi...
THOMAS
Pas d’ çarimonies. L’argent vient toujours à
propos-
JUSTIN
Demain, je serai chez mon père. Je iTai absolument besoin de rien.
THOMAS
A la bonne heure ! mais est-ce toujours pour soi qu’on a besoin d’argent ? Ne m’ parle pas des gens qui n’ pensent qu’à eux. N’as-tu pas un ami, un camarade, à qui tu voudrais rendre service?
SAINT-ELME
Mon bon Monsieur Thomas , si c’est de moi que vous voulez parler, je vous remercie de tout mon cœur. Je tiens à une famille aisée qui pourvoit à toutes mes dépenses.
THOMAS , à part.
V’ià des militaires comme on n’en voit guère. (A Justin. ) Allons , allons , pas tant d’ façons , je r veux.
JUSTIN
Soyez certain qu’il m’en coûte de vous refuser.
SAINT-ELME , à part.
Je le crois. »