SCÈNE xn
LARONDE.
Chaud et généreux comme Fami qui Fa versé.
A ta santé , Laronde.
LAROJYDE.
A la tienne , mon ami.
, THOMAS
P’isque nous v’ià F verre à la main , dans un d’ ces momens où le cœur s’ouvre, faut que j’ te fasse d’ la morale : Tu veux donc toujours être par voies et par chemins?
LARONDE.
Que veux-tu ? Fair des villes m’est funeste ; j’étouffe dans les salons; je ne respire qu’en rase campagne.
THOMAS
Pierre qui roule n’amasse pas mousse. Quand tu mourras, tii n’auras pas un sou devant toi.
LARONDE.
Et quand je serai mort, je me trouverai aussi riche qu’un millionnaire.
THOMAS
Tu as tort de mépriser l’argent.
LARONDE.
Je ne le méprise pas ; mais il faut se donner tant de peine pour le gagner; tant de peine pour le conserver; j y ai renoncé, et je prends ma part en bon temps.
A la bonne heure si cela te réussit.
LAROÎfDE.
Parfaitement, puisque j’ai atteint le but que tous les hommes se proposent. Une vie exempte de chagrins et pleine de plaisirs.
THOMAS
Comment as -tu fait ?
LARONDE.
Écoute, tu vas le savoir. Un moraliste a dit : ik Personne nest sage^ ni bon^ ni heureux^ » qu autant quil connaît son instinct^ et le suit » fidèlement.
THOMAS
Je suis assez de son avis.
LARONDE.
Il m’a servi de guide. Mon père voulait que je fusse huissier, je me suis fait comédien; j’ai