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SCÈNE XII

mieux aimé faire rire les gens que île les faire pleurer.

THOMAS , leinplissant les verres.

Et morguenne t’ as bien fait. A ta santé.

LARONDE.

Je débutai avec succès sur l’un des premiers théâtres de la capitale.

Pourquoi n’y es-tu pas resté?

LARONDE.

Moi , m’attacher à un théâtre ; consumer ma vie en efforts inouis pour amuser le public , ce sultan dédaigneux et ingrat! lui sacrifier mon bien le plus précieux, ma liberté! non, non.

THOMAS

Mais tu s’ rais p’t être dev’nu riche ?

LARONDE.

Peut-être; mais pour être d’or, une chaîne n’en est pas moins une chaîne. J’ai pris un terme moyen. Toü« les théâtres des villes de second ordre me sont ouverts. Pendant l’hiver , j’y donne quelques représentations qui m’assurent les moyens de vivre le reste de l’année à ma fantaisie. Dès les premiers jours de prin-

temps, je renais avec la nature. Le bâton à la main, mon sac bien garni, ma gourde bien remplie, je sors de la ville, je devance quelquefois le lever dit soleil, et quand ses premiers rayons rougissent le sommet des montagnes, je le salue par mes chants joyeux. L'air embaumé du matin m’ouvre l’appétit; je m’établis sous un ombrage frais; et là, assis entre mon sac et ma gourde, je fais le premier repas du jour ; je me lève et je marche à l’aventure, car mon but n’est pas d’arriver. Accosté, tantôt par un soldat qui m’aide à vider ma gourde, tantôt par un bon villageois, dont la conversation simple et naturelle m’apprend toujours quelque chose d’utile; quelquefois aussi par un pauvre ouvrier .

THOMAS

A qui tu ouvres ta bourse.

LAllONDE.

chût... gardons au fond du cœur le plaisir de faire le bien et taisons-nous. La bienfaisance est une fleur délicate qui se fane au grand jour,... Verse, Thomas.

THOMAS

A ta santé , mon brave.

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