SCÈNE vil
RICHARD
Eh biéiî ! je la marie avec un de mes commis que je place à la tête d’un entrepôt et que j’in-, tëresse de un et demi pour cent.
DURMOIVT , retirant sa main.
Un commis marchand !
RICHARD
Qui avant deux ans fera des affaires pour
son compte. Es-tu content ?
DURMOJN’T ^ avec embarras. ^
Mais il y a ici une méprise. 11 me semble que dans un temps, déjà éloigné à la vérité, vous aviez d’autres projets.
RICHARD
Explique-toi, si tu veux que je t’entende.
DURMOIVT.
Vous aviez parlé d’unir Richard à ma fille.
RICHARD
Richard! ( Riant :)^ Ah! ah! ah! l’ami Durmont, vous rêvez. Il y a quinze ans Richard n’en avait que dix ; ta fille était encore au berceau. Je commençais ma fortune, et je ne prévoyais pas ce qui m’est arrivé depuis. De pareils projets ! autant en emporte le vent. Aujourd’hui,
44 LE PETIT AMBITIEUX
je liai qiiTin mot à te dire : as-tu deux cents mille francs à donner à ta fille ?
DURMONT, avec embarras.,
Alais....
RICHARD
Réponds catégoriquement. Nous autres gens à argent (comme on nous appelle), nous ne ^ divaguons pas, nous calculons. Nos raisonne-
mens sont des chiffres. As-tu deux cents mille
francs à donner à ta fille?
• Mais Cécile n’est pas sans espérances. Je suis le seul héritier d’un oncle qui doit me laisser quarante mille francs ; j’ai d’autres héritages encore à recueillir; ma fortune doit s’accroître , et après ma mort....
RICHARD
11 ne faut pas compter sur les souliers d’un mort. L’argent comptant , voilà la meilleure raison du mondé.
' DURMOJNT.
Je me flattais....
RICHARD
Tu te flattais.