SCENE L
Mais , patience ! Le parterre est là : tôt ou tard il remet les acteurs à leur place.
MADAME DUVAL
En attendant, tout va mal. Tenez, M. Duval , votre projet ne me rit pas du tout.
DUVAL
Parce que vous ne voyez pas tous les avantages que j’en retirerai.
MADAME DUVAL
Si vous pouviez me les faire voir.
DUVAL
D’abord, vous vous plaignez de ce que je ne prends pas assez d’exercice. Eh bien ! je vais m’occuper de la construction de nôtre théâtre; je veux mettre la main à l’œuvre, peindre môi-même les décorations. Je jouerai
la comédie, vous la jouerez aussi . Nous y
trouvions tant de plaisir autrefois !
MADAME DUVAL
Ce temps-là est passé , mon ami ; il faudrait quitter les coquettes pour prendre les duègnes C’est un pas qu’une femme se détermine, difficilement à franchir.
DUVAL
Nous n’en sommes pa^ encore là. Vous garderez les premiers rôles ; je continuerai à jouer les comiques, et quand enfin le temps sera venu de prendre, vous, les caractères, moi, les manteaux , je vous donnerai la main pour vous aider à franchir le pas difficile. On vieillit sans s’en apercevoir quand on vieillit ensemble.
MADAME DUVAL
Vous me faites faire tout ce que vous voulez.
DUVAL
Je n’en abuse pas. Enfin, au lieu de dormir après mon dîner , j’apprendrai mes rôles, et vous me les ferez répéter.
MADAME DUVAL
Soit. Mais puis-je savoir du moins quelles sont les personnes qui composeront notre société ?
DUVAL
Nous aurons d’abord M^^® Lucrèce de l’Étbérée. ,
MADAME DUVAL
^ N’est-ce pas cette vieille demoiselle qui se