‹ Proverbes dramatiquesChapitre 34 sur 217 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

Mais , patience ! Le parterre est là : tôt ou tard il remet les acteurs à leur place.

MADAME DUVAL

En attendant, tout va mal. Tenez, M. Duval , votre projet ne me rit pas du tout.

DUVAL

Parce que vous ne voyez pas tous les avantages que j’en retirerai.

MADAME DUVAL

Si vous pouviez me les faire voir.

DUVAL

D’abord, vous vous plaignez de ce que je ne prends pas assez d’exercice. Eh bien ! je vais m’occuper de la construction de nôtre théâtre; je veux mettre la main à l’œuvre, peindre môi-même les décorations. Je jouerai

la comédie, vous la jouerez aussi . Nous y

trouvions tant de plaisir autrefois !

MADAME DUVAL

Ce temps-là est passé , mon ami ; il faudrait quitter les coquettes pour prendre les duègnes C’est un pas qu’une femme se détermine, difficilement à franchir.

DUVAL

Nous n’en sommes pa^ encore là. Vous garderez les premiers rôles ; je continuerai à jouer les comiques, et quand enfin le temps sera venu de prendre, vous, les caractères, moi, les manteaux , je vous donnerai la main pour vous aider à franchir le pas difficile. On vieillit sans s’en apercevoir quand on vieillit ensemble.

MADAME DUVAL

Vous me faites faire tout ce que vous voulez.

DUVAL

Je n’en abuse pas. Enfin, au lieu de dormir après mon dîner , j’apprendrai mes rôles, et vous me les ferez répéter.

MADAME DUVAL

Soit. Mais puis-je savoir du moins quelles sont les personnes qui composeront notre société ?

DUVAL

Nous aurons d’abord M^^® Lucrèce de l’Étbérée. ,

MADAME DUVAL

^ N’est-ce pas cette vieille demoiselle qui se

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