SCENE I
prétend fondateur d’un athénée , parce qu’elle a établi chez elle un cabinet littéraire où on vient lire les journaux ?
DUVAL
Presisement. EUe ne parle que de cosmo* gonie, de haute philosophie.
Dieu nous en préserve ! C’est un pédant en jupons ; qu’en ferions-nous ?
DUVAL
Elle jouera les grandes utilités.'Vient ensuite M. Durepas. Nous le connaissons peu , parce que nous traitons rarement.
MADAME DUVAL
Je sais que M. Durepas fait du plaisir de la table son unique affaire. Il n’a d’autre calendrier que la liste des personnes chez lesquelles il dîne à tour de rôle.
DUVAL
Il jouera les financiers. Nous aurons aussi
une certaine commère . que j’aurais bien
voulu éviter, mais il n’y a pas eu moyen.
MADAME DUVAL
Eh ! qui donc ?
ÜUVAL.
M«ie Carillon,
MADAME DUVAL
M*"" Carillon !
DÜVAL.
Oui , Carillon.
MADAME DUVAL
Vous m’effrayez, mon ami. C’est la plus mé» chante femme qi^l y ait au monde. La voilà veuve pour la seconde fois. Après six semaines de mariage , son premier mari s’est enfui aux Grandes-Indes. L’autre était plus débonnaire, mais le pauvre homme est mort sourd.
DUVAL
Et pourtant tout le mbndeda voit.
MADAME DUVAL
Parce que dans une petite ville de province surtout, c’est l’argent que l’on considère et que M^e Carillon fait beaucoup de frais pour la foule des parasites qui se moquent d’elle. C’est d’ailleurs la trompette du quartier. Elle invente charitablement sur les personnes les plus irréprochables les aventures les plus scandaleuses»