SCÈNE VI
regarde pas comme battue; je veux absolument vous mener à notre Athénée ; ( Ici Duval s’endort. ) je veux que vous nous consacriez quelques soirées.
MADAME DUVAL
II est bien peu de momens dont je puisse disposer. Les soins de mon ménage....
MADEMOISELLE LUCRECE
C’est une défaite; vous ne parlez pas sérieusement ?
MADAME DUVAL
Pardonnez-moi , Mademoiselle.
MADEMOISELLE LUCRECE
OÙ vous mèneront ces niaiseries-là ?
MADAME DUVAL
A passer doucement la vie auprès d’un époux que j’aime; à faire son bonheur et le mien,
MADEMOISELLE LUCRECE, à part
Cette femme a des réparties qui embarrassent. (Haut.) Laissez, croyez -moi, les soins domestiques à celles auxquelles le sort n’a donné que du bon sens; mais vous. Madame, qu’il a douée d’un esprit enchanteur....
Mademoiselle , ne dédaignons pas le bon sens , c’est une chose fort rare aujourd’hui. Quant à l’esprit, il court les rues, et on l’accorde à tant de sots , que ce sera bientôt un ridicule.
MADEMOISELLE LUCRÈCE , à part.
Il n’y a pas moyen d’en rien obtenir. (Haut.) Mais, Madame, vous verrez à notre Athénée des gens du premier mérite. L’un de nos abonnés, homme plein dégoût, met en vers français le Télémaque.
MADAME DUVAL
Je crains bien que les vers de M. l’abonné ne vaillent pas la prose de Fénélon.
MADE3IOISELLE LUCRÈCE.
Vous en jugerez : il doit en lire des fragmens à la première séance, et je veux vous y conduire.
MADAME DUVAL
Avec M. Duval ?
DUVAL , se réveillant en s’entendant nommer.
Ma bonne amie.... ah! pardon, Mademoi-