‹ Proverbes dramatiquesChapitre 52 sur 217 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

leüille une pièce que. nous pourrons jouer, et dont je suis l’auteur.

ÜÜVAL.

Vous vous occupez donc aussi de littérature, monsieur Durepas?

DUREPAS.

Comment , si je m’en occupe ! J’ai fourni , cette année , plus de vingt articles à V Almanach des Gourmands. J’ai travaillé à l’ouvrage qui vient de paraître , \ Art des A mphy trions. Il faut semer pour recueillir. /

DU VAL

Peut-on vous demander quel est le titre de votre pièce ?

DUREPAS.

Le Mangeur éternel , comédie en trois actes. La scène se passe à Gournay. Vous connaissez Gournay ?

DUVAL

De nom, seulement.

DUREPAS.

C’est la capitale des gourmands. Deux jeunes gens se voyent pour la première fois chez un bon vivant , qui garde ses convives toute la

journée. Pendant le déjeuner , les œillades, les demi-mots vont leur train : premier acte. Au second , on dîne. Il y a un rival benêt qui boude contre son ventre , et qui donne des' coups de pied à Famoureux par dessous la table. Cependant les affaires des jeunes gens vont un train de poste. Le soir, le père consent à tout, et le souper sert de repas de noces. On chante la ronde , en sablant le champagne ; voilà le vaudeville. Je conserve ainsi l’unité d’action , puisqu’il ne s’agit que d'un mariage ; l’unité de temps, en ce que Faction se passe en un jour; et l’unité de lieu , la scène étant constamment dans la salle à manger.

nUVAL.

C’est bien trouvé.

DUREPAS.

Ah ! c’est un bon morceau. Le père de la demoiselle , maître du logis et gastronome déterminé, mange pendant le déjeuner, mange pendant le dîner, mange pendant le souper. Voilà le rôle qui me convient , et je m’en charge.

DU VAL, à part.

Diable! ce rôle-là me convenait aussi. (Haut.)

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