‹ Proverbes dramatiquesChapitre 51 sur 217 · SCÈNE VTII · texte numérisé non relu

SCÈNE VTII

DU VAL

Quel heureux caractère !

DUREPAS. "

Heureux ! — je le crois. D’abord, j’ai le bonheur d’ètre gourmand par excellence, et c’est un plaisir de tout âge.

DÜVAL , avec affection.

M. Durepas, j’irai vous demander à dîner.

DUREPAS.

Je ne vous le conseille pas. Comme ma cuisine est toujours assez mal fournie, je ne dîne chez moi qu’à mon corps défendant ; mais, chez les autres.... tant qu’on veut. Pauvre , riche , je ne dédaigne personne, quand sa table est bien servie. Tous mes Amphytrions sont mes amis, et ils peuvent compter sur moi.... tant qu’ils traitent. Il m’en coûte peu de chose, je les paie en quolibets.

DUVAL

L’écot n’est pas cher !

DUREPAS.

Ah ! mon cher M. Duval , il est un temps que je regrette , temps de jubilation , auquel je ne puis penser sans qu’aussitôt l’eau m’en

vienne à la bouche : c’est l’époque des dernières élections. Quels dîners , bon Dieu !.... Pendant une semaine entière, je n’ai pas eu un moment pour respirer.

DUVAL

Est-ce que vous étiez électeur?

DUREPAS.

Non î mais on m’avait porté sur les listes par erreur, et j’en ai profité. Ce n’est qu’au moment de voter, que j’ai déclaré que je n’en avais pas le droit.

Et vous n’avez pas ces dîners-là sur la conscience?

DUREPAS.

Bon! c’est autant de pris sur l’ennemi. Mais revenons à notre théâtre. Vous dites donc que je jouerai....

DUVAL

Les financiers , les manteaux , les pères nobles.

DUREPAS.

Va pour les pères nobles. Si notre petite troupe marche un peu, j’ai dans mon porte-

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