SCENE XI
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DU VAL-
V OUS cllluz voir. ( a Labrosse , (£ui s’avance sur la scène . ) Oui ,
mon ami, c’est ici qu’on doit jouer la comédie.
LABROSSE
Monsieur, c’est que, sans me flatter, je viens pour en être.
DU VAL, àMmeDuval.
Me croirez-vous, à présent? Je suis sûr qu’il vient pour jouer les amoureux.
aiADAME DUVAL.
Ce serait trop plaisant.
DUVAL
Proposez-lui l’emploi : je gage qu’il l’accepte.
MADAME DUVAL , à Labrosse
Vous venez pour jouer la comédie?
LABROSSE
Oui, Madame.
MADAME DUVAL
Et quels rôles voudriez- vous jouer? les amoureux ?
LABROSSE
Les amoureux? ah mon Dieu non! J’ai re-
io4 LES COMEDIENS BOURGEOIS.
noïicé à faire l’amour ; sans me flatter, je peux dire qu’il m’a causé bien des chagrins.
MADAME DUVAL
Des chagrins d’amour.... contez -moi donc cela.
DUVAL
Quand il s’agit d’amourettes -, les femmes sont toujours curieuses.
LABROSSE
Monsieur et Madame , avant d’étre garçon peintre, comme vous me voyez, j’étais garçon chandelier à Paris. C’est un joli commerce que celui de chandelier , on voit clair dans ses affaires. Sans me flatter, les miennes n’allaient pas mal, et je commençais à mordre proprement dans la^ chandelle , quand je pris de l’amour pour la fille de mon bourgeois. Le malheur est que j’avais un rival, et que je ne m’en doutais pas. Les femmes sont si fines ! Trente-six chandelles et le nez dessus, et vous n’y voyez que du feu.
MADAME DUVAL
Je le crois.