‹ Proverbes dramatiquesChapitre 55 sur 217 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

io3

DU VAL-

V OUS cllluz voir. ( a Labrosse , (£ui s’avance sur la scène . ) Oui ,

mon ami, c’est ici qu’on doit jouer la comédie.

LABROSSE

Monsieur, c’est que, sans me flatter, je viens pour en être.

DU VAL, àMmeDuval.

Me croirez-vous, à présent? Je suis sûr qu’il vient pour jouer les amoureux.

aiADAME DUVAL.

Ce serait trop plaisant.

DUVAL

Proposez-lui l’emploi : je gage qu’il l’accepte.

MADAME DUVAL , à Labrosse

Vous venez pour jouer la comédie?

LABROSSE

Oui, Madame.

MADAME DUVAL

Et quels rôles voudriez- vous jouer? les amoureux ?

LABROSSE

Les amoureux? ah mon Dieu non! J’ai re-

io4 LES COMEDIENS BOURGEOIS.

noïicé à faire l’amour ; sans me flatter, je peux dire qu’il m’a causé bien des chagrins.

MADAME DUVAL

Des chagrins d’amour.... contez -moi donc cela.

DUVAL

Quand il s’agit d’amourettes -, les femmes sont toujours curieuses.

LABROSSE

Monsieur et Madame , avant d’étre garçon peintre, comme vous me voyez, j’étais garçon chandelier à Paris. C’est un joli commerce que celui de chandelier , on voit clair dans ses affaires. Sans me flatter, les miennes n’allaient pas mal, et je commençais à mordre proprement dans la^ chandelle , quand je pris de l’amour pour la fille de mon bourgeois. Le malheur est que j’avais un rival, et que je ne m’en doutais pas. Les femmes sont si fines ! Trente-six chandelles et le nez dessus, et vous n’y voyez que du feu.

MADAME DUVAL

Je le crois.

Page 1