DORSAN, ADÈLE
DORS AN
Déjà levée , ma chère Adèle ! Il me semble pourtant que tu dois être fatiguée. Hier, je me suis retiré à minuit, après les charades et les proverbes, et on se disposait à danser. Si j’en juge par le bruit que j’ai entendu, la soirée a dû se prolonger fort avant dans la nuit.
ADÈLE
c’était une raison de plus pour me lever matin. Quand on a joué des proverbes, le lendemain c’est un désordre à ne pas s’y reconnaître.
ii6 MADAME FUTILE.
BOIiSAJY.
On ne s’en aperçoit plus. Grâces à toi, Tordre règne déjà partout. 11 est vraiment heureux que tu te sois mise à la tète de la maison.
ADÈLE
Maman ferait beaucoup mieux que moi , sans doute; mais, vous le savez , mon oncle, elle est d’une santé si délicate, qu’il lui est impossible de s’occuper de mille détails, qu’il faut cependant bien surveiller. Je suis heureuse de lui en éviter le soin.
DORSAN
Allons, allons. Tu seras un jour une bonne maîtresse de maison.
ADÈLE
C’est bien la moindre chose.
DORSAN
C’est la plus essentielle.
ADEXE.
Pourtant on ne s’en fait guère honneur dans le monde.
DORSAN
Parce qu’on n’y prise les choses qu’en sens inverse de leur utilité réelle.