‹ Proverbes dramatiquesChapitre 68 sur 217 · VICTOR, DORSAN · texte numérisé non relu

VICTOR, DORSAN

VICTOB.

En vérité, je ne conçois rien à toutes ces précautions.

DORSAN

Écoute-moi , et tu conviendras toi - même qu’il est prudent d’agir ainsi. Ma sœur est un grand enfant ; l’incident le plus léger l’afflige ou la réjouit. Elle ne voit que le présent; la prévoyance serait pour elle un supplice. Parlezlui d’une affaire sérieuse , l’ennui la gagne ; elle devient immobile , fixe les yeux sur vous. Vous croyez qu’elle vous regarde , qu’elle vous écoute; elle ne vous voit ni ne vous entend. Insistez-vous , elle se met à broder , ou répond à la question la plus importante, en disant ; comment poserai-je cette fleur sur mon chapeau ? Si vous voulez enfin fixer son attention , elle s’irrite , s’emporte , et vous n’en pouvez plus rien tirer. Ce n’est jamais que de guerre lasse , et eu quelque sorte à sou

MADAME FUTILE

insu, qu’on lui fait prendre un parti. Tu vois de quels ménagemens il faut que j’use pour l’amener à fixer les clauses de ton contrat de mariage.

VICTOR

Pourquoi faire un contrat de mariage ? pas» sons-nous-en. Je ne demande à ma tante que la main d’Adèle.

DORSAN

Mon ami , cet acte est de la dernière importance pour régler les intérêts des familles.

VICTOR

Dans ce cas, je ne vois pas comment surmonter tant de difficultés.

DORSAIV.

Laisse-moi faire, et je te promets que ce contrat sera signé aujourd’hui meme.

VICTOR

Vous mènerez donc ma tante chez le notaire ?

nORSAN.

Oh! je ne me flatte pas de faire un pareil miracle! Quand, pour un rendez-vous de plaisirs , ma sœur se fait attendre deux heures,

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