‹ Proverbes dramatiquesChapitre 95 sur 217 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

MADAME FUTILE

N’est-ce pas?... et les jardins...

VICTOR

Un peu monotones; d’un coup d’œil on les sait par cœur. Tous ces jardins à la française sont passés de mode.

MADAME FUTILE

Tu crois ?

VIÇTOR.

Mais à la rigueur on pourrait y remédier ; il n*y a que la maison qu’il faudrait abattre.

MADAME FUTILE

Abattre la maison 1 et pourquoi ?

VICTOR

Parce qu’elle est du plus mauvais goût. Il faut qu’elle ait été construite par quelque vieil architecte du siècle de Louis XV. Les ornemens dont elle est surchargée, ces pilastres à guirlandes sont en harmonie avec les paniers que portaient il y a cent ans les femmes de la cour.

MADAME FUTILE

Fi donc l’horreur! Mais es-tu bien sûr de ce que tu dis là?

MADAME. FUTILE

VICTOR

Très-sûr. Habiter une pareille antiquaille ^ quand de tous côtés on voit s’élever les constructions les plus élégantes, c'est s’afficher comme entiché des vieilles modes.

MADAME FUTILE

Dieu m’en garde !

VICTOR

Tenez, ma tante, il me vient une excellente idée. Laissez-moi faire, et je vous assure que tout en conservant vos propriétés, vous posséderez avant peu une habitation cent fois préférable à Va;l-Fleuri.

Comment cela ?

VICTOR

Vous connaissez ce vieux bâtiment isolé de la ferme , qui servait de manoir à l’ancien propriétaire? J’élève sur ses ruines une jolie maison italienne qu’on viendra voir de trente lieues à la ronde.

MADAME FUTILE

Mais.... ce serait charmant !

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