M. DORSAN, L^GRIS
LEGRIS
Monsieur m'a demandé?
M. DORSAN
Combien y a-t-it de temps que vous êtes chez moi ?
LEGRIS
Je finis le premier mois. *
M. DORSAN
Vous n'en commencerez pas un second.
USGRIS.
Monsieur me donne mon congié ?
M. DORSAN
Oui.
LEGRIS
Monsieur voudrait-il me dire au moins en quoi mon service lui a déplu ?
M. DORSAN
Vous ne vous en doutez pas ? '
LEGRIS
J'ai beau chercher
M. DORSAN
Hé bien , je vais vous le dire. C'est qu'il est im-
possible de voir c^es comptes aussi exagérés que les vôtres ; que votre dépende est portée au- double de ce qu'elle devrait être ; qu'il y a entre vous et les fournisseurs de ma maison une connivence si manifeste-, que jsi je voulais user de justice , je les traiterais y eux et vous, avec la dernière sévérité.
LEGRIS
En vérité , je n'en reviens pas.
M. DORSAN
Vous ne me connaissez pas, monsieuF Legris; vo^s ne savez pas qu'il est difficile de me rendre dupe. Vous avez cru .qu'accablé d'affaires importantes, je n'aurais pas le loisir de m'occuper. de celles de ma maison ; vous vous êtes trompé. Grâce au ciel , je puis suffire à tout.
LEGRIS
Si monsieur permettait
M. DORSAN
Qu'est-ce que vous voulez que je vous permette? De me ryiner. Vous en prenez bien le cbemin. sans ma permission. Je ne donne qu'un dîner par semaine, et, à la dépense que vous me faites faire, je pourrais tenir table ouverte. Le désordre qui règne chez moi passe tout ce que l'on peut dire.
LEGRIS , d'un ton patelin.
Mais, monsieur, qui le sait mieux que moi? Puisque monsieur me parle avec tant de confiance,
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je puis lui avouer que le*désordre dont il se plaint est encore beaucoup plus grand qu'il ne pense. J'avais iqtention de le dire à inonsieur, et, si je fusse resté ici , il aurait fallu nécessairement que cela allât autrement.
M. DORSAN
.Qu'aviez- vous l'intention de me dire ?