‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 101 sur 247 · M. DORSAN, L^GRIS · texte numérisé non relu

M. DORSAN, L^GRIS

LEGRIS

Monsieur m'a demandé?

M. DORSAN

Combien y a-t-it de temps que vous êtes chez moi ?

LEGRIS

Je finis le premier mois. *

M. DORSAN

Vous n'en commencerez pas un second.

USGRIS.

Monsieur me donne mon congié ?

M. DORSAN

Oui.

LEGRIS

Monsieur voudrait-il me dire au moins en quoi mon service lui a déplu ?

M. DORSAN

Vous ne vous en doutez pas ? '

LEGRIS

J'ai beau chercher

M. DORSAN

Hé bien , je vais vous le dire. C'est qu'il est im-

possible de voir c^es comptes aussi exagérés que les vôtres ; que votre dépende est portée au- double de ce qu'elle devrait être ; qu'il y a entre vous et les fournisseurs de ma maison une connivence si manifeste-, que jsi je voulais user de justice , je les traiterais y eux et vous, avec la dernière sévérité.

LEGRIS

En vérité , je n'en reviens pas.

M. DORSAN

Vous ne me connaissez pas, monsieuF Legris; vo^s ne savez pas qu'il est difficile de me rendre dupe. Vous avez cru .qu'accablé d'affaires importantes, je n'aurais pas le loisir de m'occuper. de celles de ma maison ; vous vous êtes trompé. Grâce au ciel , je puis suffire à tout.

LEGRIS

Si monsieur permettait

M. DORSAN

Qu'est-ce que vous voulez que je vous permette? De me ryiner. Vous en prenez bien le cbemin. sans ma permission. Je ne donne qu'un dîner par semaine, et, à la dépense que vous me faites faire, je pourrais tenir table ouverte. Le désordre qui règne chez moi passe tout ce que l'on peut dire.

LEGRIS , d'un ton patelin.

Mais, monsieur, qui le sait mieux que moi? Puisque monsieur me parle avec tant de confiance,

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je puis lui avouer que le*désordre dont il se plaint est encore beaucoup plus grand qu'il ne pense. J'avais iqtention de le dire à inonsieur, et, si je fusse resté ici , il aurait fallu nécessairement que cela allât autrement.

M. DORSAN

.Qu'aviez- vous l'intention de me dire ?

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