SCENE VI
JEANNETTE
FLORBEL.
JEANNETTE
FLORBEL.
Tu m'impatientes.
JEANNETTE
Hé ben, monsieur, c'est qu'on dit qu'il n'y a pa& de femme dans la maisoii,
Et c'est là ce qui te fait demander ton compte ? Mais tu es folle , ma pauvre Jeannette.
JEANNETTE
oh ! que nenni. Tenez j monsieur y une maison où il n'y a pas de maîtresse, c'est pis que l'enfer pour une. jeune fille. La vieille mère Bertrand, qui ésJt si laide, dit comme ça qu'allé ne resterait seulement pas une heure dans une maison où il n'y a que des hommes.
FLORBEL.
C'est qu'apparemment la mère Bertrand en a ressenti les inconvéniens. Il n'y a rien de tel que les scrupules d'une vieille femme qui s'est mal conduite dans sa jeunesse. Mais est-ce une raison pour me quitter, moi qui ai toujours eu tant de soin de toi depuis la mort de mon pauvre ami , de ton ancien maître ?
JEAN9RTB , lAMrant.
Ah ! mon Dieu, si monsieur voulait tant seulement dire cela à tout le monde , peut-être que ça farait taire les ptt>pos.
Je ne m'attendais pas à une pareille îngratitnjde de ta part.
JEANNETTE
Monsieur, je suis ben embarrassée. C'te mère Bertrand en sait long ; avec ça aile a un tas de commères qui me f sont tourner la tête. Ailes sont toujours après moi , et ce sont ailes qui sont cause que je fais ce que je Êiis. £st*ce que je miserais jamais doutée de cela moi s^eule ? et malgré ce qu'ailes m'avont dit, je n'savons pas trop encore ce qu'ailes m'avont voulu dire.
Pauvre enfant ! Je suppose que je te donne ton oompte, que deviendras-tu? car enfin tu n'as que moi au monde qui s'intéresse à toi.
JEANIfETTE.
La mère Bertrand dit que je n'pouvons manquer de place , et que d'ailleurs il vaut mieux mourir de faim que de rester comme je suis.
FLORBEL.
Mais comment es-tu donc ?
JEÂIfNETTE.
Je n'en savons rien. Ah ! monsieur^ si vous saviez conune j'ons pleuré, et ce qui m'en a coûté pour ne pas parler de cela devant Biaise !
mèhe VI. Ml
Devant Biaise?
^JEANNETTE
Oui j monsieur , ce pauvre garçon en mourra , c'est sûr. Si monsieur se mariait , ça ferait finir tput. Oh ! monsieur, marie^t-vous.
floubL
Ecoute, il y a moyen d'arranger tout cela^ er puisqu'il ne £siut qu'une femme dans la maison pour que tu y restes
JEANNETTE
Oui, monsieur^ oui.
FU>RB£L.
Je marierai Biaise.
JEAIINXTTE.
Biaise!
FLORBSL.
Oui y je connais ttne jeune fille à laquelle il fait la cour, je la lui ferai épouser.
JEANNETTE
Une jeune fille à qui Biaise fait la cour ! Vous vous trompez, monsieur. La mère Bertrand , qui sait tout^
ne m'a jamais parié de cela.
FLORBEL.
Laisse là ta mère Bertrand ; je suis sûr de ce que je te dis.
JEANNETTE
Ah ciei! monsieur Monsieur, je ne pouvons
su LES PROPOS.
plus rester ici. Pauvre Jeannette ! Monsieur, vous qui
êtes si bon, prenez pitié de moi, et renvoyez-moi
tout de suite.
FL0RBEI4.
Je ne te comprends pas; je fais tout ce que tu veux, et tu n'es pas contente. •
JEAUIÎETTE.
Non , monsieur , je ne suis pas contente du tout.
FLORBEL.
Veux-tu que je te marie aussi ?
JEANNETTE
Me marier ! moi , me marier ! oh ! vraiment non. Que monsieur Biaise épouse celle à qui il fait la cour, à la bonne heure; mais je lui montrerai que je vaux mieux que lui , et que je n'sommes pas une trompeuse. La mère Bertrand a ben raison de dire que tous les hommes sont des satans. Aile s'y connaît , aile. Une femme n'aurait jamais ùàt une chose comme ça ! Moi qui étais si tranquille ! Je ne me doutais de rien ; j'aurais mis ma main au feu que Biaise était de bonue foi. Est-il permis d'être aussi j
sburaois !
IXOAffiBL.
Tu te désoles ; mais c'est à toi que je veux marier |
Biaise.
JEANNETTE
A moi , monsieur ? Et cette jeune fille à qui il fait la cour ?
fLORBEL. ' !
Cc&t toi.