SCENE X. 2S
rite. Il a fait un poème , un chef-d'œuvre. Eh tien , il consent à n'en parler à personne.
MÂBAME LEBON.
Comment! il a fait un poème! Entends-tu, Gustave ?
GUSTAVE
Je le connais son poème ; il est détestable. C'est un amphigouri à n'y rien reconnaître. Par exemple, il y a beaucoup d'amour.
MADAME LEBOIi*
Cela ne peut pas être mauvais. •*
CâciLE. i»
Mon frère ne s'y connaît pas. Il n'a jamais fait de vers. '
GUSTAVE
Tu en as donc fait, toi qui dis que c'est un chefd'œuvre ?
CÉCILE
Non ; mais je m'en* rapporte à Frédéric. Un poète ne peut pas se tromper sur son ouvrage.
GUSTAVE
Je ne réplique plus.
CÉCILE
Si Frédéric était heureux encore, s'il était rentré en grâce auprès de mon père , vous pourriez dire de son poème tout ce que vous voudriez.... Mais dans ce moment*ci où nous comptions sur vous pour' plaider sa cause.... C'est bien mal.
Cela n'a aucun rapport. Je me charge volontiers
26 LA JOURWEE DIFFICILE.
de demander son pardon, et je îmis niéme sûr de Tobtenir.
CÉCILE
En vérité ?
GUSTAVE
Sans doute.
géoUiE.
Vous avez un caractère singulier, mon frère, il faut l'avouer,
MADAME LEBON
On peut étrê>ori^al et avoir un bon cœur. Il n'en veut pas à son cousin f j'en mettrais ma main aîi feu.
GUSTAVE
De quoi lui en voudrais-je? car je ne vous comprends pas. J'aime Frédéric comme un frère, ce qui ne m'empêche pas de trouver ses vers mauvais.
CÉCILE
Toujours ses vers!
MADAME LEBOjy.
Ton frère est philosojfhe; c'est une autre manière de voir. Qu'importe? pourvu qu'il arrange notre affaire. Mais comment t'y prendras-tu avec ton père ? Songe à mettre bien de la douceur. Écoute-le jusqu'au bout sans l'interrompre; ne le contrarie en rien ; laisse-lui dire sur Frédéric tout ce qu'il a sur le cœur; ne lui réponds pas. Je le connais si bien! c'est comme cela que je m'y siiis toujours prise avec lui.
GUSTAVE
Mais si je le laisse parler seul, si je ne doi^ pas * dire un mot, savez-vous qu'il me sera assez difficile de réussir?
^ SGEIVE XI. 27
MADAME LEBON
Au Contraire.... Mais si nous remettions cela à demain ?
1^ GUSTAVE
Ah ! maman , à demain ; cessera perdre la plu3 belle
occasixm :
MADAME LEBON
Toiît nous réttBsiJt si mal aujodrd*hui.