‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 135 sur 247 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

M. VIÉTOF, ERNEST.

M. VIÉTOF, riant aux éclats.

Riez donc comme moi, au lieu de faire la mine que vous faites. Je les crois folles, sur mon honneur; à moins qu'il ne soit question de cette lettre anonyme' qu'elles ont reçue hier au soir.

ERNEST

Une lettre anonyme sur moi ?

M. VIÉTOF.

Oui ; mais si sotte qu'il est convenu qu'on ne doit pas vous en parler.

9G£NE VI. !2Qi

ERNEST

Que pouvait-elle contenir ?

M. VIÉTOF.

Des balivernes en style pitoyable.

ERNEST

Je la veux voir.

M, VIÉTOF,

Elle est brûlée.

r^ ERNEST.

Vous avez eu tê>rt.

M. VIÉTOF.

De vous en parler, c'est vrai. A coup sûr, dès que ma femme «'en a pas fait d'.éclat, il fallait que cet écrit fût bien insignifiant.

ERNEST

Mais vous l'avez lu?

M. VIÉTOF.

Ah ! nous n'en sortirons pas. Oui , je l'ai lu , et je vous répète que c'est la plus sotte chose du monde. If 'allez pas en faire de bruit; vous gâteriez toute cette fête. Promettez-lç-moi, Ernest.

ERNEST

Il est pourtant cruel

M. VIÉTOF , l'interrompant.

Combien je me repens de n'avoir pas su me tairç ! Ernest , prenez-y garde ; si vous donniez suite à cette indiscrétion, je serais homme à ne pas me montrer de la journée. Madame Viétof est terrible.

262 LE PLUS BEAU lOUR DE LA VIE.

Vous voyez encore tout cela en beau; mais vous saurez un jour combien un mari doit être sur le qui vive.

ERNEST

Ne craignez rien.

M. VIÉTOF.

Nous faisons bon ménage; personne ne peut

dire que nous ne faisons pas bon ménage

Mais vous me donnez votre parole d'oublier la lettre anonyme. ' ^

ERNEST

Je vous la donne.

M. VIÉTOF.

Vous êtes un honnête homme, et j'y cémpte. ( a pan. > Avec cela, j'aurais mieux fait de ne'rien dire.

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