SCENE XIV
mère en^portai^ et que j'ai toujours aimé à voir de jeunes mariées; mais je/iè leur parlerais pas comme ma mère le faisait; cela ne ressembferait à rien à présent. Imaginez-vous qu'elle leur disait
ERXeEST.
Paix!
Que vous êtes méchant, Ernest !
ERNEST
Je connais si bien ce genre de femmes-là.
LA MÈRE TOPIE.
Vous ne connaissez rien du tout , mon cher monsieur.
AGLAÉ f à la mère Topie.
Répétez-nous donc ce que votre mère disait aux jeunes mariées.
ERNEST
Aglaé, ce ne peut être que quelque sottise.
LA MÈRE TOPIE.
Sans doute; mais dans le temps on écoutait encore ça.
AGLAÉ
Dites donc.
(.Ernest s'assied en tournant le dos à la mère Topie. ) LA MÈRE TOPIE.
Vous le voulez? Eh bien dope, elle leur disait: « Ma belle dame, je n'ai pas de conseils à vous donner ; mais , si vous voulez avoir la paix dans votre ménage, croyez-moi — « •
276 LE PLtJS BEAI) JOUR DE LA VIE.
AGLAE. «
Après.
LA MÈRE TOPIE.
« Soyez, soumise à votre mari. »
La belle chute !
ERNEST se retourne en riant.
Laissez-la donc continuer.
MADAME VEÊTOF.
C'est bien curieux, en voilà assez.
ERNEST, avec gaieté.
Sa mère avait du bon sen§.
LA MÈRE TOPIE.
Pas le moins du monde , mon cher monsieur, car je sais combien il m'en a cuit pour avoir eu la bonhomie de suivre ses conseils. Si c'était à recommencer.... Mais je suis veuve; et, quoique j'aie trois enfans, ce qui est une grande charge, je ris et je charité à présent depuis le matin jusqu'au soir.
ERNEST, à part.
Quelle peste que cette femme-là !
. LA MÈRE TOPIE , présentant un .bouquet k Aglaë.
Madame la mariée , prenez donc ce bouquet.
AGLAÉ
Volontiers.
LA MÈRE TOPIE.
Je vais offrir celui-ci à nAdame votre sœur.