‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 162 sur 247 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

MADAME ROCHEVILLE, HENRIETTE, M., DUMONÏ.

M. DUMONT

Mais étes-voiis bien sûre , madame , que ce soit ici le lieu du rendez-vous ?

MADAME ROCHEVILLE.

Je n'en sais rien. M. Rocheville a donné lui-même les ordres au cocher, le cocher nous a amenés ici; donc je dois croire que c'est ici le rendez- vous.

M. DUMONT. '

Il me semblait cependant avoir dit à votre mari , à M. Rocheville enfin, que nous devions dîner à la Croix.

MADAME ROCHEVILLE.

Eh bien, le cheijiin ici se partage en quatre et forme une espèce de croix.

M. DUMONT

A la bonne heure. Mais c'est qu'à une demi-lieue

d'ici il y a une véritable croix de fer, et j'ai bien dans l'idée que c'est là qu'on devait dîner.

MADAME ROCHEVILLE.

Que voulez- vous que j'y fasse? il faut attendre monsieur Rocheville.

M. DUMONT

C'est que nous perdrons notre temps.

MADAME ROCHEVILLE.

Vous croyez? Pour moi qui n'ai jamais fait ce qu'on appelle un dîner sur l'herbe, je ne suis pas pressée, car je crois d'avance que cela ne m'amusera guère.

M. DUMONT

Il n'y a rien de si agréable.

HENRIETTE

Maman, quand est-ce donc commencera-t-on à s'amuser ?

MADAME ROCHEVILLE.

Qu'est-ce qui t'empêche de t^amuser depuis ce matin ?

HENRIETTE

Vraiment ,^ ma chère maman, je n'en ai pas encore trouvé le moyen. Je me suis couchée hier fort tard pour finir mon chapeau; je me suis levée à moitié endormie; j'étais habillée à sept heures; la voiture n'est venue qu'à dix; au moment d'y monter, on s'est aperçu qu'on avait oublié je ne sais quoi, qu'il a fallu envoyer chercher; mon papa a pris de l'huïïieur et s'en est allé à pied ; nous l'avons guetté tout

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