SCENE I
le long de la route ; nous ne l'avons pas vu ; et nous arrivons ici sans- savoir ce qu'il est devenu, et sans être sûrs que ce soit le lieu du rendez-vous.
MADAME ROCHEVILLE.
Elle a raison , et je suis vraiment inquiète de mon-^ sieur Rocheville.
M. DUMONT
Il n'est pas perdu , il se retrouvera.
MADAME ROCHEVILLE.
Y a-t-il plusieurs routes pour venir ici ?
M. DUMONT
Il y en a vingt. A propos , expliquez-moi donc un peu à quel usage vous avez destiné ces énormes draps qui nous ont tant gêné dans le chemin ?
MADAME ROCHEVILLE.
C'est pour faire tendre au-dessus de l'endroit où nous dînerons.
M. DUMONT, riant.
La précaution est admirable !
MADAME ROCHEVILLE.
Né peut-il pas tomber mille ordures dans les plats? des papillons , des mouches ? ( m. Dumom nt de plus fort. ) Vous riez; je ne veux pas manger des mouches.... des araignées peut-être.
M. DUMONT
Vous avez peur des araignées ?
t MADAME ROCHEVILLE.
Une peur affreuse.
HENRIETtE.
Et moi aussi.
M. DUMONT
Alors il ne faut pas faire de partie de campagne. Que diriez-vous donc s'il vous arrivait , comme à une dame de ma connaissance, de vous asseoir sur un gros crapaud noir qui ferait coac ?
HENRIETTE
Monsieur Dumont, finissez.
M. DUMONT
Mademoiselle Henriette en frissonne déjà. Cela arrive très-souvent.
HENRIETTE
J'aime bien mieux dîner dans une salle à manger.
M. DUMONT
Il est vrai qu'on n'y craint pas les crapauds, les papillons et les araignées ; mais quand vous avez dîné, ' vous avez dîné ; il ne vous reste aucun souvenir ; vous n'avez rien à raconter. Au lieu qu'à un dîner comme celui que nous allons faire, il y a toujours mille incidens qui sont drôles. C'est du pain , c'est de l'eau qui manquent.... Que sais-je, moi?
HENRIETTE
Il doit souvent manquer de fraises, quand c'est vous qui vous chargez de les apporter. Vous aviez si bien promis d'en faire mettre dans la voiture. C'est comme votre mefon.
M. DUMONT
Ah! ah! vous avez de la mémoire. Mais vraiment,