SCENE ^I. * 31S
, M. DU MONT , bas k madame Rochenllc.
L'élève et le précepteur vont se; boxer; je le parierais.
MADAME ROGHEVILLE.
Taisez- VOUS donc.
L'ABBÉ
Vous:me faites bien de •la. peine ,' Gustave; et madame Rocheville va prendre une singulière' opinion de vous.
. MADAME ROdbEVILLE.
Monsieur Gustave , soyez donc raisonnable. Votre bon ^mi m'a dit que madame votre mère ne vous avait laissé venir ici qu'à ma considération; ainsi je la remplace. Vous comporteriez- vous ainsi devant elle ?
GUSTAVE , en pleonuit.
Mais y madamp , dans un dîner sur l'herbe , oll ne jprend pas de rhubarbe.
MADAME ROGHEVILLE.
Vous VOUS êtes fait une grande idée d'un dîner s»ur Fherbe, à ce qu'il me paraît?
GUSTAVE
Je n'en ai pas dormi de la nuit.
MADAME ROGHEVILLE.
Pauvre enfant !
L'ABBÉ
Écoutez y mon bon ami : êtes -vous mon bon ami?
314 LE DIIVEll SUR L HERBE.
(ÏUSTAVE.
Oui y mon bon ami.
L'ABBÉ
AloVs 9 mon bon ami , ne faites donc pas le raisonneur. ( Bas. ) Je vous rendrai votre petit canon de cuivre.
GU^AVE , sauuftt att cou de l'abb^.
Vrai? Ah! mon bon ami, il faut que je vous embrasse.
L'ABBE , avec assurance.
Je n'ai qu'un mot à lui dire.
MADAME ROCHEVILLK
Mais «conçoit-on que monsieur Rocheville ne soit pas encore arrivé ?
M. DU MONT
Madame, si vous m'en croyez, nous irons à la Croix-de-Fer ; je suis persuadé que nous l'y trouverons.
MADAME ROCHEVILLE.
A présent que notre établissement est fait ici.
GUSTAVE
Mon bon ami, voules^-vous que je me promène un peu dans cette allée-là, pour voir si je ne trouverai pas à herboriser ?
L'ABBÉ
Oui ; mais ne nous perdez pas de vue , et ayez bien soin de garder votre chapeau sur la tête, de peur de vous enrhumer.