SCENE VII
MADAME ROCHEYILLE, L'ÂBBÉ, M. DUMONT, GUSTAVE.
MADAME ROGHEVILLE.
L'argenterie est retrouvée.
M. DUMONT
Ah ! tant mieux.'
L'ABBÉ
A propos, avons-nous de la soupe à dîner?
y SCENE. VII. 311
1^ DUMQNT.
De la soupe ?
L'ABBÉ
Mais oui. Pour moi^ je ne puis pas dîner sans soupe. Il en faut aussi au petit bonhomme pour prendre sa rhubarbe.
GUSTAVE
Je ne prendrai pas de rhubarbe aujourd'hui.
L'ABBÉ
Comment , vous ne prendrez pas de rhubarbe ?
GUSTAVE
On ne prend pas de rhubarbe à la campagne.
L'ABBÉ
OÙ avez-vous vu cela ?
M. DUMONT
Mais monsieur Gustave a raison : un bon air fait plus de bien que toutes les drogues du monde.
L'ABBÉ
.De grâce, monsieur, laissez-moi gouverner mon élève à ma manière.
MADAME ROCHKVILLE , k Vzbhé.
Est-ce qu'il a toujours l'estomac délicat?
L'ABBÉ
Plus que jamais , madame. Il grandit beaucoup.
GUSTAVE
Tenez, madame, comme j'ai l'estomac délicat, (ii
chante avec une grosse voii : ) O Rîchard y 6 mOTl FOI ! Est-Ce là
un estomac délicat? ^
L'ABBÉ
La preuve que vous prétendez donner 4i'est qu^une sottise. On ne chante pas de l'estomac '^ on chante de la poitrine.
M. DUMONT
Je crois cependant qu'on chanterait fort mal sans estomac.
( Gustave rit. ) L'ABBI^, ^ demi- voix.
Il -y a des gens qui comptent l'estomac pour tout.
GUSTAVE
Si vous voulez que' je prenne de la rhubarbe^ il faudra que vous me rendiez /non petit canon de cuivre.
L'ABBÉ
Je ne vous rendrai rien du tout.
GUSTAVE
Eh bien y je ne prendrai pas de rhubarbe.
L'ABBÉ
Qu'est-ce que cela veut dire ?
GUSTAVE
A la campagne il n'y a pas de précepteur.
M. DUMONT ^ 2i part.
Mes leçons profitent. Il est drôle le petit bonhomme,
L'ABBÉ
A la campagae il n'y a pas de précepteur ! Gustave, cela ne vient pas de vous.