SCÈNE XIV
LES PBÉCEDEBS, M. ROCH E VILLE ^ un peu «n gaieté. JA. R0CH£;YILLE^ k sa feimne.
Je vous demande pardou., ma bonne amie, je ne comprends rian à ma bévue; je suis dai\s iflon tort,
MADAME ROCÇEVILLE,
Vous arrivez bien à propps.
M. ROCHEVILLÉ.
Je ne me trompe pas » iUme semble que j'ai eu l'honneur de voir madame au déjeûner de ce matin.
MADAME HCriTiARD.
A telle'S, enseignes, que c'est moi qui vous ai fait boire du rum.
MADAME ROCHEVILLE.
Vous avez pris* du rum'^'à déjeûner! Cela ne vous incommoda pas ? *
MADAME RI3INARD.
Pourquoi donc incommoder? J'en ai bu aussi , moi. Dites-moi, monsieur, vous n'êtes donc pas venu directement de la Croix-de-Fer ici? car nous en sommes paHrts en même temps, et voilà une grande demi-*
heure que je su» arrivée. li est vrai que mon âne était yigoureiXSu
M. ROCHEVnXE.
. Le mien était aj^sez bon ; mais je ne l'ai pas forcée au lieu que vous avez mis le vôtre au galop pour suivre faionsieur votre 4pari.
MADAME RUINARD.
Ce jeune homme n'était pas mon mari.
M. R0CdË:VILLE.
Je le croyais. ( a «a femme.) Oh! ma. Eonn& amie , la drôle de société! On jurerait d'une nîeme famille. Tout le monde se tutoie ^ s'embrasse... Vou% n'avez jamais rien vu comme cela. J'ai dansé, moi qui ne danse jamais.
MADAME RUINARD.
Etiez- vous là lors dé la cjiute du gros Croquet ?
M. RO^EVILLE.
A propos , il est blesséu ,
madame: RUINARD.
Blessé !
(Elle rit.) ^M. ROGHEVILLE.
Sa femme en çst inconsolable.
MADAME RUINARD, riant plus fort.
Sa femme !
M. ROGHEVILLE.
Oui. Heureusement eUe ayait avec elle un médecin. • *
SCEIVE XIV. 527
MADAM£ AUIISfÂRD.
Petit papa , monsieur a pris la demoiselle Maigret pour la femme de TEléphant.
M. HOCHBYXLLE.
Qomme j'ai vu que c'était kl seule qui prit intérêt a lui... I,
MADAl^ RUINARD , riant.
Je le crois bien. Les extrêmes se touchent.
M. ROCHEVÎLLE.
Au surplus , il faut crpire que c'est peu de chose ; cai' cela n'a pas empêché tout le monde detbien se divertir. (Ai'abbë.) Ah! mon cher abbé^ je ne vous voyais pas. Bonjour^ Gustave.
GUSTAVE
JVfonsieur, j'ai l'honneur âè vous saluer. '
M. ifocHEVILLE.
Vous êtes bien ébouriffé , taon cher abbé.
L'ABBÉ
C'est une gentillesse de madame.
M. ROCHETIILE.
Cette gentillesse-là n'a pas dû être de votre goût ; mais c'est l'usage , dans ces sortes de parties , de se faire toutes les niches qui passât pajr la tète. ( a mon. «i«ir Dmnoat. ) Bonjour^ Dumout. «
if
M.çPUMONT.
Monsieur, jc*fous présente tijes respects.
M. ROCHEVILLE.
Tout le monde demande après vous.
LE BINER sua L'HERBE.
M. DUMONT
Si ces dames eussent voulu me croire^ nQus vous aurions rejoints plus tôt.
M. ROCHEVILLE, k 9» femme.
Avez-vous amené Henriette ?
MADAME ROGHEVILllE.
Oui ; elle est là.
M. ROCHEVILLE.
Tant pis ; j'aurais autant aimé qu'elle ne fût pas venue. Cette société pourra nous divertir; mais je ne crois pas qu'une jeune personne...
MADAME RUOARD.'
J'ai bien amené ma nièce , quî est de l'âge de votre demoiselle. «t ^
M. ROCHEVILLE.
Vous m'a,vouerez cep^idant que la convers*ation du déjeûner...
MADAME RtTTNARD.
Etait drôle.
M. ROCHEVILLE.
Plus que drôle.
MADAME RUI]^ARP.
J'ai mes prûficipeâ là-do^sus. Je me suis^it: si elle n'y entend rien , ça ne lui fait pas de tort ; et si e]^e y entend quelque chose, ça p^lui apprend rien.
MADAME ROCHEVILLE. -V
Monsieur Rocheville^ si vous^m'en croyez, nous retournerons k Paris,