SCENE I
fut possible de vous obliger ; mais cela est d'une trop grande conséquence. Il y a vingt-cinq ans que je suis en place , tantôt dans un poste , tantôt dans un autre , sans aucune interruption ; j'ai été successivement emplojré comme huissier près messieurs du comité de Salut Public; garde-vestiaire au Tribunat, puis aux Cinq-Cents, et de là aiî|Clorps Législatif; enfin me voici au Palais vde Justice ^ et je n'ai pas à me reprot cher d'avoir jamais transigé avec mes devoirs. C'est à ma bonne conduite que j'ai dû la protection con<^ stante des personnes qui depuis si long -temps veulent bien s'intéresser à moi. Vous jugez qu'il y aurait de l'ingratitude de ma part à m'écarter de la routç qui m'est tracée par l'honneur.
LE JEUNE HOMME , faisant sonner de l'argent.
Aussi , monsieur, suis-je loin de vous proposer f ien d'indigne de l'honneur d'un garçon de bureau.
LE GARÇON DE BUREAU
Si je savais ce que contient ce billet!.,.
LE JEUNE HQMIME. ^
Une invitation à dîner.
LE GARÇON DE BUREAU
Alors, donnez. Je croyais que c'était quelque chose qui avait rapport au tribunal.
^ LE JEUNE HOMME
Oh! bien oui. ( II lul donne le billet et de rargem. ) VoUS aUrCZ
donc la complaisance de remettre ce billet à mon^ sieur Parlavide aussitôt qu'il rentrera pour la délibé?. ration.
tLE JURY.
LE GÂRÇOn DE BUREAU.
Oui, monsieur.
lE JEUNE RQMME.
Croyez-vous qu*il y en ait pour long-temps?
LE GARÇON DE BUREAU
Je sais que monsieur lei||^ré&ident a demandé un fiacre pour trois heures. Nous n'avons qu'une cause aujourd'hui. Une fille Mengin qui a volé des lapins. Ça ne peut pas traîner beaucoup.
LE JEUNE HOMME , k part.
C'est bien cela. (Haut) Je ne le croîs pas non plus. Je vous prie de ne point oublier mon billet aussitôt que monsieur Parlavide reviendra.
LE GARÇON DE BUREAU
Regardez-le comme remis.
LE JEUNE HOMME
Je vous salue^
LE GARÇON DE BUREAU
Monsieur, je suis votre serviteur.
(Le jeime honnie sort.)
SGÈNi! n, 343