SCENE m
M. PRESSÉ
Tout cela n'avance à rien. Pas dé doute que la fille Mengin ne soit coupable.
M. PONCTUEL
Monsieur le président, reposez encore la question pour que chacun réponde à son tour par oui ou par non.
M. PARLAVIDE.
C'est à VOUS à répondre le premier, monsieur Bénin. La fille Mengin est-elle cofupable d'avoir volé des lapins ?
M. BENIN
Non.
M. DURET
Comment! non.
M. PONCTUEL
Si c'est l'opinion de monsieur, vous n'avez pas le droit de l'influencer.
M. DURET
Mais il y a mauvaise foi évidente; je dis plus, il y a connivence.
M. BENIN
Monsieur, le mot connivence ne se prend qu'en mauvaise part, et il ne peut pas y avoir de connivence pour faire le bien. J'ai soixante ans; je ne me suis jusqu'ici occupé que de mon commerce, dans^ lequel je n'ai jamais fait que des opérations sûres; je ne changerai rien à ma manière, et je préfère le repos de ma conscience à la paBt d'honneur qui me revien-
drait dans la condamnation d'une personne qui, après tout, peut être innocente.
( Le neuvième et le dixième jure» sont attendris. ) M. PARLAYIDE.
Passons au second juré. La fille Mengîn est-elle coupable d'avoir volé des lapins?
Oui.
Oui.
M. PONCTUEL
M. JOVIAL
Ma foi , oui.
( n pousse M. Le'veill<l qui dort. ) M. LÉVEILLÉ.
Heim?
M. PARLA VIDE
La fille Mengin est-elle coupable d'avoir volé des lapins ?
M. LÉVEILLÉ
Je ne sais pas.
M. DURET
Vous ne savez pas ?
M. KÉVEILLE.
CoInI^ent a-t-on dit avant moi ?
M/ PARLA VIDE, d'un ton sévkte.
Vous êtes donc occupé d^autre chose que de la délibération?