SCÈNE V
MADAME DE GOSOllY, MADAME DE LA KABATTERIE.
^ kADAM^ DE LA RABATTERIE. ^
C'est bien agréable d'être médecin des e^u:» ; car si on est une partie de l'année à rien faire, on a tr9is ou quatre mois oè l'on peut se croire un docteur. Que vouliez-vous donc me dire?
448 LES BOTS.«
if IDAME' M'GOEURY.
Je voulais vous oflrii: d'être de moitié dans une belle action. Cest pour Francise, ce' domestique allemand qui sert ici. Le docteur veut le mavier.
MADAME DE LA RABATTERIE. '
Ah ! basty je n'enlends jamais un mot de ce qu'il me dit ; il a un baragouin insupportable.
MADAME DE CŒURT.
SIol 9 je l'aime assez.
MADAME DE LA RABATT^^fE. '
Qu'est-i;e que vous Élites à ce msaàage ?
MADAME DE COSURY.
Je compte donner îzne petite dot.
MADAME DE LA RABATTERIE
Il me semble que vous-^Hez un ped vite, ma chère dame. Je fie sais pa» comment on fait les mariages à Paris; mais, en province, on y regarde à deux fois. C'est une affaire très-importante. '
MADABiE DE CŒURY.
Pour des gens cotame cela?
MADAilE DE LA RABAf]|BRIÇ.
Pour des gens tomme cela plus que pour d'autres. On s'informe s'ib n'ont pas qudques ^l^auts, s'ils sont .dans le cas de donner une bAine éducation à leurs en&ns.
MADAME DE GOEURY.
En effet, on a raison.
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MAJUMJÇ. DE LA RABATTERIE.
Très-grandement raison. L'esisentiel n'est pas de faire des mariages, mais de bons mariages. Sait-on si ce Francise n'est pas un ivrogne ; si la petite fiUe n'est pas une . coquette ?
MADAME D« GOEURY.
Le docteur ne s'y intéresserait pas.
MADAME DE L^ RABATTf^RIE.
Le docteur! cela est bien égal au docteur. Tous ces médecins des eaux cherchent à établir leur patronage aux dépens de qui ils peuvent. Vous ne reviendrez peut-être plus ici, et, grâce à vous pourtant, le docteur va passer pour le généreux protecteur de ces jeunes gens.
MADAME DE GOEURY.
Que faut-il donc que je fasse?
MADAME HE LA RABATTERIE
Je ne vous engage pas à retirer votre promesse ; je ne dis même pa^ que je n'entrerai pour rien là^dedans ; mais prenons notre temps ; voyons , examinons.
MADAME DE COEtlRY. .
Je ne suis guère bonne pour examiner.
MADAME DE LA RABATTERIE
Je m'en charge* moi.
MADAME DE GŒURY.
A la bonne heure.
AW LES DOTS.
lIADAliS DB LA KkBÂTt&OE.
Et je puis vous répondre que le bien que nous ferons sera bien fait, ou que nous ne nous en m^e^ rons pas.
SGÈNS VI.
MApAMB DE COEURY, MADAME DE LA RABATTERIE .
M. DE THËCLB.
M. DE THÈGLE.
Mesdames, je vous aunoncç une nouvelle recrue du docteur, madame, madame Ah ! je suis toujours brouillé avec les noms ; mais c'est une femme charmante.
MADAMï: DE COEURt.
Une femme charmante ! 'toutes les femmes dont parle monsieur de Thécle sont toujours des femmes charmantes. Les hommes se connaissent bien à cela! Ils ne devraient jamais vanter une femme que les autres femmes ne se soient prononcées.
MADAME DE LA RABATTERIE
Je ne connais d'ailleurs rien de plus impertinent que cette manie généralement adoptée de ne nous juger que sur notre visage. N'avons-nous donc que cette qualité-là? Une femme charmante, c'est une femme qui a les i:raits faits d^une façon plutôt que d'une autre. C'est révoltant.