‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 241 sur 247 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

PERRINE, MADAME DE LA RABATTERIE

' MADAME VE LA BABATT£Rl£.

Dites-moi, ma mie, n'etes-vous pas la petite fille

que le docteur veut marier ? (Perriae a ralr dt^comenance, et feint

de n'oser ivpondre. ) Pariez^ ue so^yez pas si timide; une dame comme ipoi doit vous inspirer de la confiance.

• PERRIIÏE,

C'est que...

MADAME DE LA RABATTERIE

Eh bien?

PERRINE

Une pauvre fille...,

MADAME DE LA RABATTERIE

Après.

PERRINE

Vis-à-vis d'une aussi grande dame...

MADAME DE LA RABATTERIE

Ëooutez, mon enfant: je suis bonne, et j'aime à rendre servicfe aux pauvres gpns; mais avant tout^ je veux savoir s'ils méritent mes bontés* (Pemne Éut la, revërence.) Regardez-flioi.

PERRINE

Je n'ose. ' ^

MADAME DE- LA RABATTERIE

Vous voulez donc vous maPier } (Perrtne lèv» I^s jma et 1«*.

baisse aiusitôt.) Ptiisque jc Yeux bien vous questionner, répondez-moi , au moins.

4«ô LES MKTS.

PERRINE

Le respect... v . ,

MADAME DE LA RABATTERIE

Je comprends cela. Pourtant, vous rfespérez pas que je m'intéresserai à votre mariage, si vous ne voulez pas me dire un mojt. *-

PERRINE

Je suis si peu habituée...

MADAME DE LA RABATTERIE

A quoi?

PERRINE

Si c'était mon égale. '

MADAME DE LA RABATTERIE

A la bonne heure.

PERRINE

Mais une'-comtesse.

MADAME DE LA RABATTERIE

Qui VOUS a dit qiiQ, j'dftais comtesse?

PERRINE

Cela se voit. ^

MADAME DE LA RABATTERIE , lui donnant de Targent.

Tenez. Serez-vous plus hardie à présent ?

, PERRINE

De l'or!

* MADAME DE LA RABATTERIE

Me parlerez- VOUS , enfin ?

PERRine.

De l'or!

SGB9ÎE Xli 461

MADAME DE LA BABATTERIË

Vous me plaisez. (Pmiiite^it u r^vifieiice.) Je veux vous

marier. (Perrine fait encore la' révérence.} Mais il faUt que VOUS

me parliez.

PERRINE

Je ne puis pas.

MADAME DE LA RABATTERIE

Je VOUS fai^éoac bien peur?

PERHINE.

Pas peur.

MADAME DE LA RABATTERIE

Vous me paraissez remplie de qualités, mon enfant; vos sentimens attestent un cœur excellent. Je vous veux sincèrement du bien. Pourquoi donc ne pas me dire un mot ?

PERRINE

Madame...

MADAME DE LA RABATTERIE

Du courage. (Lui doimaitt de Fargent.) Prenez eucore cela. Combien vous faut-il pour (pe vous puissiez vous marier?

PERRINE

Ce n'est pas moi; c'est" tna mère...

MADAME DE LA RABATTERIE

Qu'est-ce donc que votre mère demanderait?

PSRBI9E.

' Beaucoup. •

MADAME DE LA 1MBATTE3UE

Encore?

4M * iM^ WXSB.

PERRINÉ.

Oh! il n'y a gbère qu'une duchesse qui pourrait.,..

MADAME DE hàt RABATTERIE.

Qui pourrart

PERRINE

Me donner

MADAME DE LA RAQATJEAIE, kiidouttn|j«Jb6urae.

Tenez , portez^lui cela } et dites-lui que madame de la Rabatterie vous prend sous sa protection. Je su^ contente de vous, et je trouve mon argent bien placé. Vous serez une boane épouse et une bophe mère , j'en suis certaine. Je veux intéresser à vous toutes les personnes qui vieivdront ici pendant mon séjour aux eaux. Adieu , Perrine.

(Elle sort.)

9CèNC XII. .

PBRRI^'E, seule.

Est-ce un rêve? Commet ! je suis aussi }iabile que cela? En vérité, je n'en reviens pas. Quelques révérences et des réponses sang suites.... (EUerit.) Ah! ah! ah! Ce que c'est que de connaître les cjaractères. Cette dame est tout le portrait de madame de Guétry , que j'ai servie pendant deux mois l'arinée dernière. Tout le monde la trouvait haute et fière; moi, j'en faisais tout ce que je voulais. Mon pauvre Francise !

sGEim xin. Ms

Quels grands yeux il va ouvrir en Voyant cette bourse ! Il faut que je le ckercbe.

( Elle va j^ur sortir ; mMlaoi« de Cœutj la retient. )

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