SCÈNE XIII
MADAME OE CCffiURY, PËRRINË.
MAPAME DE GOBURY.
Venez , Perrine. Vous axez donc du mérite? Madame de la Rabatterie vient de m'assurer que ypus étiez une perfection.
PERHINE.
Cette dame a bien de la bonté.
MADAME DE COEURY.
Non , eHe n'en a pas trop ; voilà pourquoi ce qu'elle m'a dit m'a étonnée. £lle a été sur mes brisées; car c'est moi qui devais faire vôtre mariage. Je l'ai promis à Francise.
PERRINE
Vous ne l's^uriez pas promis, que je serais- bi^n s^re que ce serait vous qui le fieriez.
MADAME DE COEURY.
Qu'elle est gentille! Mais je croyais que veiis comptiez sur madame de Sennecé ?
PERRINE
Madame de S^unecé
464 hsfi Birrft.
MADAME DE CCEURY.
Oui. Est-ce qu'elle est généreuse?
PERRINE
Je n'en sais rien. Voilà deux saisons qu'elle vient aux eaux; j'ai travaillé pour ^le^ elle est fort difficile, par exemple.
MADAME DE CCKURY.
Je le crois.
PERRINE
Et un peu capricieuse.
MADAMï: DE COEUR Y.
Et un peu capricieuse?
PERRIME.
Elle commande mille bagatelles; et puis , que la moindre personne lui dise que c'est de mauvais goût, elle vous les laisse.
^ , MADAME DE COEURY.
Est-ce qu^elle vous a laissé quelque ipho^ ?
PERRINE
Une collerette et un bien joli petit bonnet que j'ai encore.
MADAME DE COEDRY.
Qu'est-ce qu'elle vous a dit pour ne pas les prendpc?
PERRINE
Comme elle a le nez long, elle trouvait que le bonnet n'avançait pas assez sur le^froat; elle me
gCÈNfi XIII. 46»
Tavait commandé combie^ cela; ce n'était pas ma faut«.
MADAME DE COEURY.
Ai-jele «ez loit^, moi?
Terrine.
S^ madame de Sennecé avait une figure comme madame 9 elle aurait bien pris mon bonnet.
MADAME DE COEURY.
EHe est'ingénue! Vous me le montrerez, je verrai à l'essayer. Vous devez connaître beaucoup des personnes qui sont ici?
PERRINE
n n'y a pas une dame pour laquelle je ne travaille.
MADAlfE^E C(»:URY.
Il fauti véïiir chez .moi le matin; j'ai mille choses à vous donner à faire; et^mis vous me conterez vos amours.
. PERRlîîE.
Cela sera bientôt fait. Il y a deux ans que Francise est dans ce pays-ci; il y a lin an qu'il me fait la cour ; il y a six mois, que je l'aitne , et c'est cette année que je l'épouse.
MADAME DE COEURY.*
On dit que votre mère n^é le veut pas.
PERRINE
Parce que Francise; n'a pas d'argent; mais c'est égal.
460 liE» But». •
MADAlIlE DE COSURY. . i. 1
Comment! c'est égal?
PERMWÈ.
Je sais bien ce que je veux dire.
MADAME DE GOEURY.
Vous comptez sur moi.
PERRHIE. .
Si madame croyait à la bonne aventure?*
MADAME DE COEURY.
A la bonne aventure !
;»ERRrNE.
Oui , madame:
MADAlfE DE^COBURY.
Est-ce qu'ota vous a dit votre bonne a\enture ?
PERR^E.
Pas à moi y mais à ma mère quand j^étais toute petite, toute petite. On* lui a bien assuré que je serais mariée par la pius jplie dame qui serait jamais venue aux eaux. Aiûsi/vous voyez bien...
MADAME DE GOEURY.
Vous êtes une flatteuse , Perrine.
PERRINE , d'i» air d'ingénuité.
Pourquoi dohc , madame ?
MADAME DE GOEITRY.
Parce que vous voulez me faire entendre que vous
SGÈIlE Xrv. 467
me trouTez la plus jolie dame qui soit jamais venue aux eaux. • •
PERRINE , toujours avec ingénuité.
Je répète ce que j'entends dire à tout le monde.
MADAME DE GOEURT, 2i part.
C'est très • possible. (Haut,) Tenez, Perrine, voilà un à -compte de ce que je veux faire pour vous. ( EUe lui donne une bourse.) Reveuez demain ; vous serez mariée par moi, entendez-vous; et il y aura une noce, une belle noce. Vous avez des parens , des amis ; invitezles, je me ch.nrge de tout.
( Elle sort.)