SCENE I. Hl
extraordinaires. Allons , allons , partez. Baptiste , qui vous attend , aura peut-être bien de la peine à vous conserver une voiture, à causo de la fête de demain.
M. DE SAINT-BO]*
S'il n'avait pas pu en trouver, ce serait une belle excuse pour ne pas aller là-bas.
MAKIANISE.
N*ayez pas d'inquiétude ; il s'était arrangé ce matin avec un cocher, tant il a envie de voir jouer les eaux de Versailles.
M. DE 3AINT-B0N.
Ah! s'il s'est arrangé, je ne risque rien, et je puis rester encore un peu.
Mais, monsieur, dans des jours comme ceux-ci, on peut forcer le cocher à marcher pour d'autres , si on ne voit personne dans sa voiture.
M. DE SAIJÎT-BON.
Que veux-tu que j'y fasse? Je ne me suis jamais trouvé si bien chez moi. Qu'on est 50t de se déplacer pour aller déranger des gens qui vous contrarient en croyant vous faire grand plaisir!
MARIANNE
Monsieur, vous ferez ces réflexions- là demain, (a part) Je suis sur les, épines.
M. DE SAINT-BON
Laisse-moi donc réfléchir. ^ ^
MARIANNE
Allez-vous-en , monsieur.
iS2 LE SALON BANS LA CUISINE.
M. DE SAINT-BON
Je crois que tu attends un amoureux. Tu me prèssiBS, tu me presses... Qu'est-ce que cela te fait que je reste? , •
MARIANNE
(A part.) Le bourreau! (Haut.) Ma fine! monsieur, si vous avez des idées'comme celles-là, restez si vous voulez. J'attends un amoureux ! Je suis bien une fille à amoureux! Parce que je ne veux pas que vous vous enrhumiez, que je m^intéresse trop à vous, j*ai un amoureux. Enfermez -moi, si vous croyez que j'attends un amoiiïeux.
M. DE SAINT-BON
Tu ne vois pas que je plaisante ? Je suis sûr que tu es plus contrariée que moi.
MARIANNE
C'est bien vrai.
^ M. DE SAINT-BON
Il faut se faire une raison; mais sois tranquille, c'est la dernière fois que je m'y laisserai prendre. Donne-moi mon chapeau.
MARIANNE
(A part.) Ah! je respire. (Haut.) Le voilà, monsieur.
M. DE SAINT-BOW
Adieu, Marianne.
MARIANNE
Adieu , monsieur. Bon voyage.
M. DE SAINT-BON
Tu serineras mon petit linot pour te désennuyer.