SCÈNE IL
MARIANNE, et un peuaprës FREDERIC.
MARIANNE
Il va peut-être revenir. C'est bien la dernière fois que je me mets dans cet embarras-là. Si ma compa-e gnie était venue pendant qu'il était encore ici , comment aurais-je fait ? Ah ! v'ià mon Allemand.
FRÉDÉRIC
Bon chour, mamzelle Marianne. Fous porte-fou& pien ?
MARIANNE
Tu as dû rencontrer monsieur sur l'escalien
FRÉDÉRIC
Ch^ai rencontré lui.
MARIANNE
nfa VU?
FRÉDÉRIC
Il a fi moi.
MARIANNE
11 Mlait venir plus tard; s'il allait remonter !
FRÉDÉRIC
^ Fous afez dit à moi six herres. Il est six herres chistes.
MARIANNE
Je croyais que monsieur serait parti depuis longtemps.
FRÉDÉRIC
Ce n'est pas la faute à moi. Il fallait pas tire six herres.
MARIANNE
S'il avait eu à remonter, il serait déjà ici. Il aura cru que tu allais chez quelque autre personne de la maison»
FRÉDÉRIC
Il aura pas cru ça ti tout. Il m'a temanté : « Mon ami, où allez-fous ?» Ch'ai ti moi : « Che fas chez mamzelle Marianne. » Il a tit lui : « Allez , il y est. »
Mardine, il ne fallait pas dire ça !
FRÉDÉRIC
Pourquoi tonc ? Ch'ai pas menti,
MARIANNE
Il fallait mentir.
SGE1VE U. 55
•^ FRÉDÉRIC
Ghamai& mentir, mainzelle Marianne. Allons-nous goûter ?
MARIANNE
Pas encore. Il &ut attendre que les autres soient venus.
FRSDÉBIC.
Qu'est-ce que c'est que ça, les autres? Nous serons pas nous teux ?
MARIANNE
Non, J'ai invité deux ou trois personnes.
FRÉDÉRIC
Tant pis. Ch'aime pas fous dépensiez fotre l'argent en pétises.
MARIANNE
Bast ! v'ià grand'chose !
Foui, c'est grand'chose; che suis pas content. Tenez, mamzelle Marianne, che crois que fous me faites écrire fotre dépense plus cher que foUs payez. Fotre maître, si il sait ça, il croira que che safais, et si che safais, pien sûr che n'écrire pas, foyez-fôus.
MARIANNE. '
T'es donc nigaud? Pardi ne! va. c'est bien égal à monsieur. Il est ricjxe, il n'a pas d'enfans, ses héritiers ont toas de la fortune.;*. Quand je me donnerais un peu de bon temps. Tu crois que c'est avec cent écus qu'il me donne de gages que je pourrais me tenir comme je me tiens. D'ailleurs, je ne lui fais pas de tort. S'il allait lui-même au marché, il paierait en-
core plus cher que je ne lui fais payer. Dame, je marchande, il faut bien qu'il m'en revienne quelque chose.
FRÉDÉRIC
Si il sait, c'est pien; si il sait pas, c'est mal. Foilà mon maxime.
MARIAKNE.
Elle n'a pas le sens commun , ta maxime. Je voudrais bien savoir si tu es aussi scrupuleux avec ton maître , toi.
FRÉDÉRIC
Mamzelle Marianne, ne plaisantez pas; che ferais pas tort d'un épingle à lui.
MARIANNE
C'est qu'il est généreux avec toi.
Foui, il est généré, c'est frai; mais il le serait pas, che chercherais une autre place, et che folerais pas.
MARIANNE
Allons , tiens , parlons d'autre chose , parce que t'es entêté, et qu'on ne peut rien obtenir de toi, quand tu t'es une fois chaussé quelque chose dans la cer*velie. Tu ne sais pas qui j'attends ce soir? Connais-tu mamzelle Cécile?
FRÉDÉRIC
Che connais pas; msas cette mamzelle Cicile, il a un jolie patronne; c'est celui des mousiciens. Ce chour-là, tans ma pays, on poit.
MARIANNE
C'est de même dans ce pays-ci.