‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 36 sur 247 · SCENE III. m · texte numérisé non relu

SCENE III. m

JOLICOEUR.

Elle savait bien à qui elle s'adressait. De tout temps les femmes <mt fait de moi tout qu'elles ont voulu.

FRÉDÉRIC , lai frappaat sur T^panle.

Alors aidez-moi à avancer la tapie. ( On apporte une tabie ave^nne collation.) Les matames ils sont servies.

CÉCILE

Ah ! que monsieur Frédéric a eu bientôt fait ! Mais c'est dressé à merveille ! Vous metftez-vons à côté de moi, monsieur Frédéric?

FRÉDÉRIC

Non , mamzelle Cicile. Foilà comme ch'ai arranché : monsié Cholicœur, fous, la place de monsié Pertrand, Marianne, et puis moi.

( Ils se mettent k taUe dans l'ordre indicpie'. ) JOIICQEUR, s'asseyant.

Moi , je suis toujours le premier à table comme au feu. On est mieux tout de même à l'un qu'à l'autre* J'en ai vu de rudes , allez.

CÉCILE

Dites-moi^ mon cousin, les tambours se battentils?

JOLICOEUR.

La question est jolie ! C'est presque toujours ivous qui décidons l'action. Un joijr, c'était en Saxe, le colonel ne savaii où donner de la tête ; il s'agissait de faire une brèche à un mur haut comme je ne sais quoi. Voilà que je lui dis : « Mon colonel, laissez-moi faire. » Je prends un fusil qu'était là, je

ee LE SALON BANS LA CUISINE.

(}onne mon tambour à garder à un de mes camarades 9 et je fais si bien qu'au bout d'une heure nous étions dans là place.

FRÉDÉRIC

Fous tefriez pien nous tire comment fous fous y êtes pris.

JOLICOEUR.

Comment je m'y suis pris ?

FRÉDÉRIC

Foui. Ch'ai serfi sept ans j et ch'ai chamais fu te choses pareilles.

JOLICOEUR.

Je n'invente pas, et la preuve c'est que j'ai encore le fusil que je portais ce jour-là. Ah ! je puis vous assurer qu'il a tué plus d'hommes qua de poissons.

MARIANNE

Comment n'êtes*vou8 encore que tattibour après une action si étonnante?

JOLICOEUR.

C'est un ricrochet d'injustices é[ui n'en finit pas. Le colonel devint jaloux de moi. D'ailleurs , on ne m'avancera jamais. Personne ne peut me souffrir au régiment , et ça parce que je leur enlève toutes les femmes. C'est pas ma faute. J'ai plus de peine à éviter les conquêtes que* d'autres n'en ont à les faire. Il y eut z'une duche^e une fois à qui le général faisait la cour, avec qui il m'est arrivé quelque chose de drôle. Je m'en suis bien mordu les ppuces depuis. Le général m'avait dit : « Jolicœur , t'as d'I'esprit; tiens, v'ià z'une lettre, porte-la à madame la

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