SCÈNE III. m
duchesse. » Moi, j'dis : » J'veux ben, mon général. » I m'dit : « Z'il n'y a pas de réponse. » J'avûs vu plusieurs fois ta duchesse, ^ j'avais remarqué qu'elle me lançait des œillades. Bon ! que je m'dis , v'ià z'une occasion de voir ce qui en est. Je me requinque , j'passe mon ceinturon z'au blanc , je donne un coup de brosse à mes guêtres, et me v'ià parti. J'arrive chez la duchesse, je lui remets la lettre; elle me regarde , me reconnaît, et se met à rougir. Alors, moi qui connais tout ça, je commence à lui faire de petites mines. Elle rit d'abord; mais conwneje continuais de plus en plus à faire l'agréable , v'ià la baronne
CÉCILE
C'est donc une baronne à présent ?
jouccEim.
Non; v'ià la comtesse
cEcirjs.
C'était une duchesse.
JOLICOeUR.
Qu'est-ce que ça fait ? V'Ià la duchesse qui sonne, et qui couMuande qu'on me mette à la porte.
MARIAPfNE.
J'attends la fin , moi.
» JOLICOECR.
Hé bien , la voilà la fin.
FRÉDÉRIC
Che comprentre^ pas ce qu'il y a de choli.
JOUCOEUR.
Comment^ vous ne devinez pas pourquoi elle me faisait mettre à la porte ?
MARIANNE
C'est parce qu'elle vous prenait pour un fou.
JOLICOEUR.
Oh bien oui ! C'est qu'elle sentait bien que son cœur n'y résisterait pas.
MARIANNE
Aik ! si vous vous retournez comme ça, je ne suis pas étonnée que vous voyiez des amoureuses partout. •
CÉCILE
Pourquoi ne voulez- vous pas que ce soit vrai ? Il y a encore des choses plus hétérogènes que celle-là; et je suis persuadée que, si monsieur Frédéric voulait nous raconter ses aventures , il y en aurait beaucoup de pareilles.
FRÉDÉRIC
Les afentures sont pons à faire , ils sont pas pons à raconter, mamzelle Cicile.
CÉCILE
J adore cette réponse ; c'est un subterfuge de délicatesse bien rare chez les hommes d'aujourd'hui. Mais , ma chère , dites-moi donc qui est-ce qui vous fait des tourtes si bonnes ? Celle-ci est vraiment incomparable.
JOLICOEUR.
J'en ai mangé une à Wesel, chez une bourgeoise, , qu'était encore meilleure, s'il est possible. Mais