SCÈNE IV
BERTRAND
J'aimerais mieux la main-chaude.
CÉCILE
Taisez-vous donc, c'est un jeu de porte cochère; non , non , il faut s'en tenir aux charades en action. Marianne l'apprendra en le voyant jouer.
^ MARIANNE
Mais si ça ne m'amuse pas.
CÉCILE
^ Ah ! ma chère , vous êtes chez vous , c'est à vous à Élire les honneurs.
Fa pour les charades. Marianne, tu ferras que c'est trôle. Apporte-nous tout ce que tu as , tes riteaux , tes couvre-pieds, tes châles, les ropes te champreà ton maître.
CÉCILE
Avez- vous du papier doré pour faire des diadèmes?
MARIANNE
Non , je n'en ai pas.
JOLICOEUR.
Moi, je m'empare toujours d'un bouchon pour me faire des moustaches.
FRÉDÉRIC
Téparrassons la tapie. Teux hommes de pon volonté.
(Frédéric et JoUcœur emportent tout ce qui est sur la table.)
BERTRAND
Il faut que VOUS me montriez ce jeu-là , car je n'y entends rien.
CÉCILE
Tant mieux , on vous mettra avec Marianne pour deviner.
MARIANNE
Moi, je veux que Frédéric soit avec moi.
N'avez- vous pas peur qu'on vous l'enlève ?
MARIANNE
C'est peut-être là tout le fin de votre jeu.
FRÉDÉRIC
Fait tonc pas la chalousse. Est-ce qu'il pourrait m'enlever ? che suis plus lourd qu'elle. Fa chercher ce que che t'ai dit, et n'aie pas peur de rien.
MARIANNE, k part, en s'en allant.
La vilaine chose que de recevoir de la société , on n'est plus maîtresse chez soi.
BERTRAND , la suivant.
Voulez-vous que je vous aide, Marianne?
( Ils sortent. )