MONDAIN , FANCHETTE , LAURENT
FANCHETTE
Maître Mondain , connaissez-vous beaucoup de petites filles qui aient à elles cent écus et un morceau de tarre?
8GÉNE XI. 1I&
MONDAIN
Aile est belle ta tarre. Je n^en donnerions pas une pistole.
FANCHETTE
Aile est donc ben changée d'pis tout à l'heure ? Vous n'disiais pas ça à monsieu Tcomte^ qui m'semble. Laurent, c'est-i grand?
LAURENT, soupirant.
Un arpent deux parches , Fanchette !
FANCHETTE
Un arpent deux parches ! Pourquoi qu'tu soupires en disant ça !
LAURENT
Je n'savais pas qu'monsieu Fcomte devait te donner un mariage. Si j'I'avais su , je n'me serions pas mis à t'aimer comme j'ons fait.
FANCHETTE
C'est une raison de pus.
LAURENT
A présent que t'es riche, tu voudras un riche.
Hé ben , tu te trompes. Je n'voudrais pas d'un mari qui parlît pus haut qu'moi.
LAURENT
En ce cas-là, Fanchette, faut m'prendre, car je n'parle pas fort.
FANCHETTE
J'sais qu't'es l'Benjamin d'ma mère. Aussitôt qu'aile va savoir que j'ai c'te tarre et cent écûs,, aile va
m'parler pour toi. Tu vois donc ben qu'i n'faut pas t'désoler. (Avec malice.) Adicu, LauTeiit.