‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 61 sur 247 · MONDAIN , FANCHETTE , LAURENT · texte numérisé non relu

MONDAIN , FANCHETTE , LAURENT

FANCHETTE

Maître Mondain , connaissez-vous beaucoup de petites filles qui aient à elles cent écus et un morceau de tarre?

8GÉNE XI. 1I&

MONDAIN

Aile est belle ta tarre. Je n^en donnerions pas une pistole.

FANCHETTE

Aile est donc ben changée d'pis tout à l'heure ? Vous n'disiais pas ça à monsieu Tcomte^ qui m'semble. Laurent, c'est-i grand?

LAURENT, soupirant.

Un arpent deux parches , Fanchette !

FANCHETTE

Un arpent deux parches ! Pourquoi qu'tu soupires en disant ça !

LAURENT

Je n'savais pas qu'monsieu Fcomte devait te donner un mariage. Si j'I'avais su , je n'me serions pas mis à t'aimer comme j'ons fait.

FANCHETTE

C'est une raison de pus.

LAURENT

A présent que t'es riche, tu voudras un riche.

Hé ben , tu te trompes. Je n'voudrais pas d'un mari qui parlît pus haut qu'moi.

LAURENT

En ce cas-là, Fanchette, faut m'prendre, car je n'parle pas fort.

FANCHETTE

J'sais qu't'es l'Benjamin d'ma mère. Aussitôt qu'aile va savoir que j'ai c'te tarre et cent écûs,, aile va

m'parler pour toi. Tu vois donc ben qu'i n'faut pas t'désoler. (Avec malice.) Adicu, LauTeiit.

Page 1