SCENE X
LES PRÉcéDENS, FANCHËTTE, k la porte.
MONDAIN
Monsieu l'comte , faites-nous grâce pour c'te foisci. Ce p'tit bout d'tarre m'arrange si ben que si vous voulez me Tbailler à rente, j vous en donnerons c'que vous voudrais , pourvu qu'i n'soit plus question de rien.
SCËIVE X. il7
LE COMTE
Prenez donc garde que ce serait féodal, maître Mondain. Vous qui connaissez les lois, vous devez savoir cela.
LAURENT
Pour moi , monseigneur , tout c'que j'vous d'mandonSy c'est d'vous venger sur moi comme vous vou> drais; mais que ça n'se sache pas dans Tvillage,
LE COMTE, apercevant Fanchette.
Que nous veux- tu, Fanchette?
FANCHETTE, regardant Laurent avec inte'rét. - %
Rien, monsieu l'comte.
LE COMTE
Tu ne dis pas la vérité.
FANCHETTE
Monsieu l'comte, je ne sais pas de quoi i s'agit; mais Fpus coupable des deux, c'est pas Laurent.
LE COMTE
Comment sais-tu cela ?
FANCHEr»;E.
C'est qu'il est pus jeune que Mondain, et qu'il peut s' corriger. (Le comte sourit.) Allons, monseigneur, pardonnais-lui. Tenais, si vous voulais lui recommander de bien m'obéir, et de me laisser toujours la maîtresse, je l'épouserons, et je vous réponds ben que je n'iui laisserons pas faire de sottises.
LE COMTE
J'ai promis de te marier. Je te donne cent écus et
le morceau de terre qu'ils s'étaient partagé. Vois à présent ce qu'il te reste à &ire.
FAiyCHETTE , faisant des r<<v^rences.
Monseigneur, c'est ben d'ia bonté de vot'part, et je vous remercions comme je l'devons.
M. GAUCHER
Mais sans préjudice des poursuites que monsieur le comté se réserve de faire pour les deux années d'anticipation.
LE COMTE
Je cède tous mes droits à Fanchette , et je la rends maîtresse de leur sort.
M. GAUCHER , bas au comte , avec humeur.
Monsieur le comte, prenez donc garde que tout ceci n'a plus l'air que d'un jeu.
LE COMTE , bas Si M. Gaucher.
Que voulez-vous? Laissons-les s'arranger; je suis curieux de savoir le résultat de cetle affaire.
( Le comte sort avec M. Gaucher , qui paraît mécontent. ).