‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 71 sur 247 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

maître? Comment étes-vous ici ? Est-ce que monsieur votre père et madame votre mère... ?

LE COLONEL

Je ne suis pas venu pour satisfaire à tes questions. Réponds-jnoi : ne loge-t-il pas ici une madame de Ponteau ?

GUILLEMOT

Oui, monsieur.

LE COLONEL

La trahison est manifeste. Depuis quand ?

GUILLEMOT. •

Depuis huit jours.

LE COLONEL, à part.

C'est bien cela; possédons-nous. (Haut.) Dis-moi, Guillemot, est-elle seule ici?

GUILLEMOT

Non, monsieur.

LE COLONEL, avec feu.

Non , dis-tu ?

GUILLEMOT

Elle est avec sa femme de chambre.

LE COLONEL

Imbécile ! Mais qui voit-elle ? qui reçoit-elle ? chez qui va-t-elle?

Monsieur, vous m'inquiétez. Je ne vous ai jamais vu dans un état pareil. Seriez-vous malade? Et seraitce une indiscrétion que de vous demander quel intérêt si vif vous prenez à cette dame ?

142 LA RÉGOlVCILIATIOiV.

LE COLONEL

Quel intérêt! C'est ma femme.

GUILLEMOT , reculant de quelques pas.

C'est-il possible?

LE COLOJMEL.

Oui , Guillemot. Et c'est au bout de deux mois de mariage qu'elle se conduit ainsi.

GUILLEMOT

Mais, monsieur, je n'y comprends rien. .Quoi! cette dame.... (iirit.) AhJ ah! ah! Pardon, monsieur; mais je m'étais laissé dire q[ue vous aviez fait. un mariage d'inclination.

LE COLONEL

Je l'adorais, Guillemot, et je suis le plus malheureux des hommes !

GUILLEMOT

De bonne foi, vous l'adoriez? J'étais loin de vous croire aussi raisonnable.

LE COLONEL

Que veux-tu dire?

Dame ! monsieur, chacun a sa manière de voir. Mais comment ne vous a-t-elle pas instruit de ce qu'elle venait faire ici ?

LE COLONEL

Je l'ignore absolumimt. Ne pouvant vivre loin d'elle, hier je quitte mon régiment. Brûlant d'impa^ tience et d'amour, j'arrive à Paris; juge de mon

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