‹ Proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 92 sur 247 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MOnSIEUR et HfADAME OORSAN.

MADAME D0RSAI7.

Vous voyez, mon ami, que je me soumets à la règle que vous avez établie^

M. DORSAIV.

Vous êtes si soumise !

MADAME DORSAN

Vous me réduisez à la nécessité de vous demander des audiences; je ne .vous vois plus! Vous dînez tous les jours pn ville ; vous vous couchez en rentrant ;. vous vous levez fort tard

M. DORSAN

Qu'avez-vous à me dire?

MADAME DORSAIV. «

Je venais vous rappeler qiie nous allons ce soir au bal.

9 M. DORSAN

Au bal ! '

184 L'HOHME CAPABLE.

MADAME DOBSAN.

Chez monsieui' de Merilly.

M. BORSAlf.

Vous plaisantez sans jdoute ?

MADAME DORSAN

Pourquoi me dites- vous cela?

M. DORSAN

D'abord, un hpmme dans ma positiion ne doit pas se montrer au bal.

MADAME DOBSAlf.

Un homme dans votre position , au contiairey peut se montrer partout. Il serait plaisaiit qu'on n'obtînt des places que pour se cacher.

) M. DORSAN

Et quant à Merilly, vous savez comme il se conduit avec moi.

MADAME DORSAN

Voiiis lui trouvez des torts ; à mon avis , c'est vous qui en avez avec lui. Entre deux 'amis, c'est à celui qui s'élève à Taire la première visite.

M. DORSAN

Voilà une étiquette que je ne connaissaisj)as.

MADAME DORSAN

Le bon goût l'indique.

• M. DORSAN

Je ne» croyais pas monsieur de Merilly aussi susceptiblfe.

MAIUMK DOHSAN.

C'est vous qin Fêtes en refusanlU'âff^ chez lui.

M. DORSAN

Ainsi 9 le premier soin d'un IjLomme àcjui le gouvernement confie une administration aussi importante que celle dont je suis chargé, serait d'aller perdre soti temps auprès de toutes les personnes qui se prétendent ses amis?

MADAME DORSAK.

Le premier soin d'un homme qui obtient une place est de penser au moment où il la perdra. Je ne nie laisse point éblouir ; je sais comme tout cela est fragile, et je serais très-fachée de vous voir rompre avec tout le monde parce que vous avez changé de position^

M. DORSAW.

Vous n'espérez pas me tracer un plan dôfCQnchiite ?

MADAME DORSAW.» * *

Non , mais réformer celui que vous vous êtçs fait.

M. DORSAN

Et c'est par un bal que vous voulez commencer

cette réforme? • . ^ , «*

» MADAME DORSAn.

C'est par.un bal. ' * ' . .

Je cf^is que vous échouerez.

lu

* MADAME DORSAN

Peut-être.

M. DORSAIf.

Vous savez tjii^ j'^ai du caractère.

MADAME DORSAN

Beaucoup; mais je sais aussi que vous avez im bon caractère, et que les honneurs ne vous ont point encore tellement changé que je ne puisse trouver moyen de vous^ fléchir.

M. DOBSAN.

Quand j'ai arrêté quelque chose

MADAME DORSAN

Vous n'avez jpas encore arrêté celle-là, mon ami. Quoi que j'en dise, j'ai bien aussi mon petit coin de vanité, et je vous avouerai naïvement que j'aimerais à me présenter avpc vous au milieu d'une société notubreuse, et à jouir de votre triomphe.

M. DORSAN

fi '

Est-<îe que Merilly m'aurait préparé une Éête ?

MADAME DORSAN

Non : il a trop bon goût pour'celaj maïs tm homme en pla^e; qae l'on saijt obligeant, est toujours«i bien reçu,! A vôtre nom tous les yeux se fixeront sur vous; on vous saura gré -de quitter un tnstant de graves occupations pcnir^vous trouver aii milievi de vos ami^. VouS croyez bien que h^aUtbup de personnes se seront fait; invi^jer dans l'espoir de vous renopptrer. Pendant que les tommes chercheront tous les moyens de^^Dus approcher, leivs femmes,, leurs parentes, leurs amies, s'établiront auprès de

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