SCENE VIIL
M. DORSAN, M. DE MERILLY.
M. DORSAN
Eh ! c'est ce cher Merilly. Que je suis content de le voir!
M. DE MERnXt.
En vérité? On disait pourtant que nous étions brouillés , et que vous ne vouliez pas venir au bal chez moi.
M. DORSAir.
C'est madame Dorsan qui vous a dit cela. Mais doit-on écouter les femmes? Depuis que je suis eu place surtout, je m'amuse à la tourmenter sur des misères, afin de lui ôter l'idée de chercher à m*influencer sur les choses importantes. Voilà tout.
M. DE MERILLY.
Je conçois cela, et cette explication me suffit. Mais comment vous trouvez-vous de votre nouvelle position ?
M. DORSAN, n^Ugeouaeiit.
Je commence à m'y accoutumer* J'ai toujours -aimé le travail, vous le savez; le désoeuvrement où je vivais
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m'érail insupportable. Il faut bion d'ailleurs qu'un homme cherche à se rendre utile à son pays.
M. DE MERILLY.
Sans doute , pouiTu cependant que vos opinions politiques n*en souffrent pas... Les places sont un terrible écueil.
M. DORS AN
Pas pour moi , soyez tranquille. Mes opinions! Mes opinions sont dans mon sang ; elles sont indépendantes de ma volonté; et je suis si loin d'être influencé dans mes opinions par aucun entêtement, par aucun intérêt personnel , que si demain j'en trouvais de meilleures , je les adopterais aussitôt.
M. DE MERILLY.
Alors, que pensez-vous de la dernière loi qu'ils viennent de rendre ?
M. DORSAN
Ah ! mon cher, depuis que je suis devenu homme public, je m'occupe très-peu de politique, voyez-vous. Je n'ai *pas le temps. Et puis, pour moi, une loi de plus, une loi de moins, me parait une chose fort indifférente. Ce ne sont vraiment que des détails , et je considère les affaires de plus haut. Qu'est-ce qu'une loi , entre nous ? Une vétille qui donne beaucoup de peine à faire, et qui ne sert souvent à rien quand elle est faite... C'est l'ensemble que je cherche à saisir. En matière de gouvernement, comme dit Sancho Pança, il ne s'agit que de bien enfourner, et malheureusement je crains que nous n'ayons mal en-
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foumé. Il n'y avait quVne chose* à faire dès le cchdmencement ; par exemple, tout-à-*fait dès le commencement, il suffisait de former un faisceau de toutes ' les volontés, de tous les désirs, de toutes \e^ espérances ; de rallier tous les Franfçais sous la mêtae bannière. Alors, ce système représentatif, que l'on trouve si difficile à faire marcher, aurait été comme sur des roulettes.... Vous ne me croyez pas?
M. D^ MERILLY , souriant.
Si fait, vraiment,
M. DORSÀN.
Vous d^vez vous rappeler que je n'ai jamais dit autre chose quand je n'étais qu'un homme privé; hé bien , je le répète encore.
^. D£ MERILLY.
Mais que faire à présent qu'on a laissé former une opposition ?
M. DORSAN
Pourquoi l'avoir laissé former ? Où était la nécessité?
M. DE MERILLY.
Enfin, elle existe. On ne peut plus l'empêcher.
M. QORSAPï,, de r^ir le plus important.
On ne peut plus l'empêcher U.... On peut la paralyser au moins, la rendre nulle,, tout-à-fait nulle. .
M. DE MERILLY,
Comment cela ?
, M. DORSAN
Jlieri n'est si aisé; je dis plus, rien n'est si facila