‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 103 sur 249 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

THOMAS , seul. Il entre en chantant.

C'essp ben dommage que ce ne soit pas tou^ les jours noce ! Celle d'hier, d'ma cousine , m'a b^' divarti toujours. Et ma femme, ma petite Margot, s'en est-eUe donné ! Aile est si gentille ! C'était à qui la ferait danser. On n'dirait jamais, à la voit y que c'n'est qu'la femme d'un savetier : non. Avec ça aile a c'te mine qu'est drôle. Ça n'fait pas mal ime jolie mijie pour avoir l'air comme il faut. Aussi , comme

tous les hommes la regardaient Et le§ fejnmes

donc A fout moment on v'nait me demander:

« Monsieur, qu'est-ce que c'est qjie c'te d'moi$elle-là ? — C'te d'moiselle-là? que j'ieux y répondais, c'est ma fcinme. » (ii nt. ) Ah ! ah ! ah ! ak! I n'savaient pus où ils en étaient. Çargyenne l ouï , on leux-y en garde. C'n'est pas là d'ia graige pour leux moinieaux.

J'avais peur <|u'on n e là pr iît pas de chanter. Ctpt qu'i l n'y avait jfas une voix comme la sienne dans toute la société! C'est-i glorieux pourwun mari! J'voudrais seu-

ftOe lE SitVETIEll ET LE FINANCIER.

lement qu'aile ne choisissit pas toujours des chansons ous qu'on ne comprend goutte ^ comme celle qu'aile

a chantée hier, ( It chante en contredisant b voix de femme. )

Je t'invoque , 6 ma lyre !

Hends des accords heureux :

Peins le tendre délire ^De mon cœur amoureux.

Certainement c'est gentil ; mais je n'sais pas c'que ça veut dire... Allé ne descend pas... Allé fait comme les duchesses à présent ^ ma fenhne; aile ne se lève plus qa'à six heures du matin, (n appelle.) Margot! oh! eh! Margot! aile ne bouge pas. C'n'est pas l'embarras ^ aile doit être fatiguée. Allé a pas mal dansé

là-hoB Et puis après dame! (iirit) Ces guAantres

de ndces, ça vous joue toujours ce tour-là. C'est vrai,

c'te mariée, c'te danse, tout c'monde Et puis on

boit, on rit Ça fait que..... aile doit être fatiguée.

(Il chante.) , ,

( Aprëi avoir chanU il continue. )

Parbleu! faut qu'aile ait le sommeil ben dur, car je crie assez fort. Essayons encore une p'tite chanson:

(nchanll. ) •

llargoton ma mie , Maigoton mon cœur ,

Il te faudrau un biscuit •Pour le , pour le , pour^te remettre ;

*I1 te faudrait un bisicuit • .

Pour te remettre eh appëtit.

Vo|^. si ^Iç remue. Ça m'ennuie, pas moins. Allons^ faut .prendre un p'tit brin de CQipsolation.

(li boit À même une bouteille qu'il Ur^ de dessous son siëge. ) C&Chon^' .(te

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bouteille y car si madame Babatjoie me voyaitV. oh ! oh ! j's'rais dans d'beaux draps. Enfin la v'ià qui descend ; c'est ben heureux. Ne fsons semblant ^e rien.

( Il chante entre tes dents la fin de l'air précédent. )

SGENB II.

THOMAS f MARGOT. EUe arrive doucement, et pose ses mains sur les yeux

de Thomas. ^

MARGOT

Qu'est là? ^

THOMAS lui prend ses mains, qu'il baise. ,

C'est Margot.

MARGOT , lui frappant sur Tëpaule.

Gn'y a pas ^'plaisir avec toi, tu d'vines toyiit d'suite.

XHOMASi»

ITfallait 4onc pas d'viner ? Oh ben y recommence.

• MARGOT

^reiïds-tu* garde, mon homme, que je n'peux jamais t'attraper? Ça m'frait pourtant Ben plaisir

une p'tîte fôb. , '

• THOMAS

C'est bon à savoir.

Mais rien qu'pouç rire.

THOMAS

JTentends ben com.me ça. ^ *

208 LE SAVETIEA ET LE FIiVANGIEn.

'^' MARGOT s'assied et pread de l'imvrage.

Tai rêvé toute la nuit de c'te noce. Sais-tu qu'aile

était bçlle, au moins?

THOMAS

Quèu dîner ! queu monde !

MARGOT,

Qu'trop. Ça n'avait pas l'sens cpinmun.

Et surtout queu vin ! ^

MARGOT

Oui , je me suis aperçue que tu le trouvais bon , le vin,

THOMAS

Bah ! t'as vu ça , toi !

MARGOT

jEst-ce que je ne vois pas tout?

THOMAS

Tétais pourtant ben occupée avec tes voisins. Dismoi donc un peu c'que c'était que c'gros homme qu'était à table à côté de toi, et qui te chuchotait toujours à l'oreille? • *

MARGOT

N'badine pas; c'était tm maître cordonnier.

^ • THOMAS

Un maître cordonnier! Mais, eh général, c'était tout monde choisi. Eh ben , qu'est-ce que te disait ce maître cordonnier ?

MARGOT

Ma fine ! je n'I'écoijtais pas.

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