‹ Proverbes dramatiques (volume 3)Chapitre 111 sur 249 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

(Cette scène se passe dans le cabinet de M. Mondor ' ). M. MOINDOR, seul, enrobe de chambre.

C'est une chose qui paraît inconcevable, et que cependant chacun a pu éprouver, qu'une petite contrariété qui se renouvelle sans cesse cause plus- de peine que ne fait souvent un grand malheur. Le chant de ce savetier m'est insupportable. Accablé d'affaires, quelquefois de l'ennui de ce que ma femme appelle

* Ce changement de décoration se fait avec un. paravent qu^on retourne.

dw plaisirs , et auxquels je prends part bien malgré moi , si par hasard je parviens à me livrer au sommeil, la voix de ce maudit savetier me réveille aussitôt, et l'impatience que j'en éprouve est telle que je ne puis me rendormir. Il faut que je me lève. Je me mets à mon bureau , je me livre à dès calculs dans l'espoir de me distraire; mais ses chants me poursuivent, et il m'est aussi impossible de travailler que de dormir. Je me suis plaint au magistrat qui m'a répondu qu'il n'y avait pas de loi qui défendît aux malheureux de chanter. A quoi donc sert la police? Puisqu'il n'y^a pas d'autre moyen , il faut que je cherche à amadouer ce maraud , et que j'obtienne de lui qu'il me vende le repos que les lois ne peuvent me procurer. Je ne connais pas de plus grand malheur que d'être riche, marié à une femme à la mode, et d'avoir pour voisin un savetier qui chante, (n sonne; un domestique paraît.) Cet homme que je vous ai envoyé chercher est-il là ?

LE DOMESTIQUE

Oui, monsieur.

M. MONDOK.

Faites- le eiltrer.

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