SCENE VII. • 22S
M. MONDOR
Approchez, vous dis -je. (Au aomesuque.) Donnez un siège à monsieur Thomas^ et,, retirez- vous. (A Thomas.) Asseyez-voijs , mon voisin.
THOMAS
Ne faites pas attention , monsieur mon voisin.
M. CONDOR
Asseyez-vous donc.
THOMAS
Vous êtes trop bon, je suis ben comme je suis.
M. MONDOR
Ah ! vous allez me fâcher.
THOMAS, s'asseyaat prccipitamment.
N'vous fâchez pas, monsieur; me v'ià assis.
M. MONDOR
On dit que vous êtes un brave homme.
THOMAS
On est ben bon.
M. MONDOR
Vous avez une belle voix.
THOMAS
Ah! monsieur, c'e^ une politesse que vous voulez me faire.
M. MONDOR
Non; vous chantez bien. Qu'est-ce qui vous a appris à chanter?
THOMAS
Dame ! mon voisin , mon père chantait, et j'chante. rià tout.
M. MONOOR.
Il était heureux votre père. M était donc riche?
THOMAS
Oui, mon voisin.
M. MONDOR
Il vous a laissé de la fortune ?
THOMAS
D'ia fortune ! mon voisin , vous voulez rire.
M. MONDOR
Il ne vous a rien laissé ! c'était peut-être un ivrogne?
THOMAS
O ciel! mop pauvre père, un ivrogne ! Il n'a jamais rien dû au cabaret.
M. MONbOR,
Expliquez- VOUS donc. Vous dites qu'il était riche?
THOMAS
Nous autres pauvres gens, nous appelons être riche quand nous ne mourons pas à l'hôpital ; et mon père est mort chez lui, tout le quartier peut vous le dire. Si on vous a dit le contraire , c'est qu'on a voulu m'faire du tort auprès de vous.
M. MONDOR
Sfiassurez-vous , mon voisin , je n'ai jamais entendu parler de vous qu'avec éloge. Et, dans votre état, que pouvez-vous mettre à peu près de côté par an ?
THOMAS. '
Ma fine! mon voisin, si j'pouvais mettre de côté mon appétit et c'tilà d'ma femme ^ ça s'rait une bonne avance.